A l’heure où Airbus présente à Toulouse le CSeries, un avion régional, produit de son alliance, en octobre dernier, avec le canadien Bombardier, Boeing annonce avoir mis la main sur les avions civils du brésilien Embraer. Les deux avionneurs élargissent leur guerre sur un nouveau terrain.

Beoing vient de prendre le contrôle des avions régionaux d'Embraer, réponse directe au partenariat signé par Airbus et Bombardier à l'automne dernier sur le même type d'appareils.
Beoing vient de prendre le contrôle des avions régionaux d'Embraer, réponse directe au partenariat signé par Airbus et Bombardier à l'automne dernier sur le même type d'appareils. © AFP / FrankHoermann / SVEN SIMON / SVEN SIMON / DPA

Avec leurs prises de guerre au Canada et au Brésil, les deux géants de l’aviation civile Airbus et Boeing déplacent leur bataille sur un créneau très disputé : celui des avions de 70 à 150 places, dans lequel la Chine et la Russie ambitionnent aussi de prendre leur part.

Chez Airbus, on fabriquait toutes les gammes d’avions civils… ou presque. Du très gros porteur, l’A380, à la gamme A320. Chez Boeing, même combat : du 747 au 737, les grandes routes étaient servies. Les deux géants regardaient se jouer – sans y participer – une bataille sur les avions régionaux, des aéronefs plus petits, capables d’emporter jusqu’à 150 passagers.

La gamme CSeries, des avions régionaux de 100 à 150 places, est désormais sous le contrôle d’Airbus.
La gamme CSeries, des avions régionaux de 100 à 150 places, est désormais sous le contrôle d’Airbus. © AFP / FABRICE COFFRINI

Jusqu’à-ce que, en octobre, Airbus ne mette la main sur le programme CSeries de Bombardier, en situation financière délicate et menacé par les droits de douane américains. En taxant les importations de ce produit canadien, les Etats-Unis tuaient potentiellement le business de Bombardier sur leur territoire, menaçant une grosse commande de Delta.

En prenant le contrôle des appareils de 100 à 150 places de Bombardier, l’avionneur européen sauve une gamme d’avion qui, depuis son lancement en 2016, peine à décoller. D’abord parce qu’il peut sortir ses comptes du rouge en ouvrant de nouveaux débouchés, mais surtout parce qu’Airbus prévoit de produire les avions CSeries vendus aux Etats-Unis dans ses installations de Mobile, en Alabama. Exit, donc, les droits de douane.

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La réponse de Boeing n’a pas tardé. En s’offrant, le 5 juillet 2018, les activités civiles d’Embraer pour 3,8 milliards de dollars, le géant américain revient dans la course. Il ajoute ainsi à son catalogue les avions de ligne régionaux de 70 à 150 sièges du brésilien, auxquels il promet un bel avenir.

Si ces opérations élargissent le domaine de la lutte entre Airbus et Boeing, elles visent aussi, pour l’un et pour l’autre, à limiter commercialement les possibilités pour de nouveaux entrants de s’imposer dans leur secteur. D’autant que, à l’horizon 2020, deux acteurs en devenir viendront attaquer les géants sur le segment de leurs best-sellers, l’A320 et le B737 : le chinois Comac et son C919 et le russe Irkut et son MC-21.

Le résumé par Stéphane Iglésis : 

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Boeing rejoint Airbus pour une nouvelle bataille

Par Stéphane Iglésis
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