Tous les deux ans, l'industrie aéronautique et spatiale atterrit aux portes de Paris pour exposer son expertise et, surtout, remplir son carnet de commandes.

Le grand public est attendu du 23 au 25 juin sur le site du Bourget, où près de 140 appareils sont exposés, au sol ou dans les airs.
Le grand public est attendu du 23 au 25 juin sur le site du Bourget, où près de 140 appareils sont exposés, au sol ou dans les airs. © SIAE

Installée sur les 75 hectares de l'aéroport du Bourget, c'est une ville éphémère de 20 000 habitants qui ouvre le 19 juin pour une semaine. Une semaine pour l'essentiel dédiée aux professionnels de l'aéronautique et de l'espace, où 300 délégations officielles sont attendues, qu'elles relèvent du secteur de la défense ou de l'aviation civile. Le salon du Bourget, c'est le point de convergence international entre des centaines de clients et quelque 2 400 exposants, dans une industrie désormais très intégrée.

Des constructeurs qui construisent moins

On a pu le mesurer lors du vol inaugural du premier avion civil chinois à investir le marché de Boeing et Airbus : un aéronef est une illustration industrielle de la mondialisation. Des instruments de bord aux systèmes de sécurité des portes, des moteurs aux sièges, les avionneurs font leurs courses auprès des mêmes fournisseurs, qu'ils soient américains, européens ou asiatiques. Les géants du secteur aéronautique sont donc de plus en plus des intégrateurs que des constructeurs, à l'instar d'un Apple qui garantit la conception et l'assemblage d'un ordinateur fait de composants du marché. Au-delà du traditionnel duel de ventes Airbus-Boeing, l'édition 2017 du salon du Bourget donnera lieu à un match plus complexe et moins visible entre les centaines de fournisseurs des géants du secteur. Un match qui, s'il n'est pas nouveau, prend des formes inédites : la location peut en effet se substituer à l'achat, pour les moteurs d'un avion par exemple.

Des industriels qui travaillent mieux

La recherche des meilleures méthodes de production est toujours au cœur de l'industrie aéronautique. Elle implique l'ensemble de la chaîne de production, du fournisseur à l'avionneur. Objectif : réduire le temps de gestation d'un objet volant et maîtriser ses coûts de production. Les sous-traitants sont ainsi impliqués de plus en plus tôt dans la conception de tout ou partie d'un aéronef, pour coller au plus près des besoins. Fournir la bonne pièce, l'intégrer au mieux dans le processus de production – les logiciels de conception et de modélisation y contribuent largement –, mais aussi maîtriser les contraintes logistiques – où implanter les sites de production pour gérer au mieux l'approvisionnement en matières premières, les compétences disponibles et la livraison aux clients. Le fuselage de la nouvelle version du F/A-18 E/F de Boeing compte 41 % de pièces en moins que son prédécesseur.

Une nouvelle idée de la performance

A350 XWB, B787 Dreamliner, pour les aéronefs civils, mais aussi F-35 ou, dans une moindre mesure, Rafale dans le secteur de la défense, tous ces appareils intègrent des matériaux innovants. Une façon radicale de limiter non pas les coûts de conception ou de construction des avions, mais surtout leurs coûts d'exploitation. En effet, avec des matériaux plus solides, plus souples, plus légers… ce sont des gains potentiels en carburant ou en vitesse de croisière, par exemple, qui sont proposés par les avionneurs. Avec, pour les compagnies aériennes comme pour les clients, des prix en baisse.

Autre piste de développement, la prolongation de la durée de vie des composants. Une option qui redevient centrale dans l'industrie spatiale (une des propriétés de la navette spatiale américaine), qu'il s'agisse des nouveaux entrants comme SpaceX, dont une grande partie des lanceurs orbitaux est recyclable, ou des leaders du marché, comme Arianespace, qui s'efforcera de récupérer les moteurs d'Ariane 6.

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