Après 11 jours de garde-à-vue au Japon pour soupçons de malversations financières, Carlos Ghosn est toujours à la tête du groupe Renault. Alors que ses dirigeants se réunissent aux Pays-Bas ce jeudi, des rumeurs circulent sur le possible traitement de faveur dont leur PDG pourrait bénéficier.

Carlos Ghosn en conférence à Yokohama, en 2016
Carlos Ghosn en conférence à Yokohama, en 2016 © Maxppp / Kyodo

Les yeux de centaines de salariés seront braqués, ce jeudi, vers les Pays-Bas. Amsterdam, plus précisément, où les décideurs de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi se retrouvent dans une ambiance qui risque d’être beaucoup plus tendue que d’ordinaire, au onzième jour de garde-à-vue de Carlos Ghosn au Japon. 

Et pour cause : le tout-puissant patron du groupe, évincé de Nissan et de Mitsubishi, figure toujours dans l’organigramme de Renault. Bien qu’empêché de gouverner, aucune réelle procédure de mise à l’écart n’a été prise à son encontre en France. La marque au losange aurait-elle du mal à débarquer son capitaine ? Si tel est le cas, l’une des raisons pourrait être financière

Un "parachute doré" versé par Renault ?

Dans la chaîne de production, on parle bien sûr de Carlos Ghosn matin, midi et soir. Et ce qu’entend remonter François Pibouleau, responsable CGT, ne le rassure pas. “Ce qu’il se dit dans l’entreprise, _c’est qu’une fois de plus, il va s’en sortir_, et Renault va éventuellement lui verser un parachute doré.”

Carlos Ghosn pourrait-il vraiment bénéficier d’un gros chèque de départ ? Pour Pierre-Henri Leroy, fondateur de Proxinvest, une société spécialisée dans la gouvernance des entreprises, il y aura certainement un accord à trouver entre les deux parties. Avec, plutôt, des frais de justice facturés au principal intéressé.

Vu l’étendue des dégâts et des griefs, la logique serait que Ghosn paie une partie de ses frais juridiques. Si l’on obtient 50 millions de sa poche en restitution de tout ce qu’il a piqué, c’est terminé - Pierre-Henri Leroy

Pour lui comme pour les syndicats, il serait cependant délirant que Renault et ses salariés doivent payer pour les fautes de Carlos Ghosn, si les faits qui lui sont reprochés sont avérés : “On n'imaginait pas que c’était à ce point-là : les histoires de mariage à Versailles payés par la maison, etc. Mais au fond, ce n’est pas étonnant, au vu du côté complètement mégalomane de ce personnage qu’on a laissé courir, alors que l’on n'aurait jamais dû.

Ce qui est certain, c'est qu'en 20 ans, Carlos Ghosn a su entretenir le culte du secret. Aujourd'hui, seuls quelques initiés ont encore accès aux détails de sa rémunération.

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