Après les propositions du Conseil national de la consommation hier, c'est au tour de la commission d'enquête parlementaire de rendre compte, ce mercredi, des enseignements tirés de l'affaire Lactalis.

Affaire Lactalis : la qualité des contrôles en question
Affaire Lactalis : la qualité des contrôles en question © AFP / Guillaume Souvant

Le président de la commission, Christian Hutin, a précisé sur Europe 1 les premières conclusions du rapport qui doit être présenté ce mercredi et qui fait suite aux dysfonctionnement constatés lors d'une contamination de produits issus de Lactalis et le processus de retrait de la consommation.

Avec un premier constat : "l'auto-contrôle n'est pas suffisant" chez les industriels. Le député du Nord appelle à un renforcement des contrôles, en préconisant, d'une part, de "toucher au portefeuille" des industriels qui "ne respecteront pas une forme de déontologie et de rigueur" vis à vis de l'indépendance des organismes de contrôle, notamment lorsque le chiffre d'affaires d'un laboratoire est très dépendant d'une seule entreprise, mais aussi sur les autocontrôles et d'envisager d'autre part "une forme de responsabilité pénale".

Concernant la procédure de retrait/rappel qui s'était avérée défaillante durant la crise Lactalis, Christian Hutin évoque plusieurs pistes : des "crash-test" comme pour les banques, l'utilisation des codes barres et des QR codes pour faciliter les blocages à la caisse, et la formation du personnel. Il demande également qu'un employé par magasin "soit responsable de la santé publique"

"Armée mexicaine" de la sécurité alimentaire

Le président de la commission d'enquête a affirmé sa volonté de demander que l'État mette fin à la "guerre des polices" et crée une autorité unique dans le domaine de la sécurité alimentaire, dénonçant une "armée mexicaine" avec "trois ministères : la Santé, Bercy et Agriculture, c'est pas possible". 

Il y a un moment, "il faut que ce soit très clair : un numéro unique, un site unique, une décision unique", a-t-il déclaré.  

Fin 2017, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel produit dans l'usine Lactalis de Craon en Mayenne.  La contamination et les cafouillages de la procédure de retrait/rappel qui s'en est suivie a donné lieu à l'ouverture d'une enquête judiciaire. Elle a aussi convaincu les députés de créer une commission d'enquête parlementaire.

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