C’est pour les personnes âgées qu'on veut mettre en place le reste à charge zéro, explique la ministre de la Santé qui assure que son financement ne se fera pas au détriment des retraités comme l'indique une étude publiée mardi.

Agnès Buzyn  défend la promesse de campagne d'Emmanuel Macron : la fin du reste à charge pour les lunettes et prothèses dentaires et auditives
Agnès Buzyn défend la promesse de campagne d'Emmanuel Macron : la fin du reste à charge pour les lunettes et prothèses dentaires et auditives © AFP / Stéphane de Sakutin

Les députés ont commencé ce mardi l'examen du projet de budget 2019 de la Sécurité sociale avec un point fort : le reste à charge zéro, une promesse phare du candidat Macron, c'est-à-dire le remboursement complet de certaines lunettes, prothèses dentaires et auditives.

Mais ce reste à charge zéro pourra-t-il se faire sans augmentation des complémentaires santé, au-delà des augmentations classiques et annuelles ?

Non, répond ce mardi Pierre-Alain de Malleray, le président de Santiane, un cabinet de conseil en mutuelles santé. Selon l'étude de ce cabinet réalisée auprès de 100 000 assurés, le comparateur d'assurances estime qu'en raison de la réforme, le reste à charge zéro devrait entraîner une hausse des cotisations des retraités de 9,4%  : "Ce seront les seniors qui en pâtiront le plus, puisque ce sont eux qui sont les premiers concernés. Ils verront leur cotisation augmenter de l'ordre de 9,4% d'ici à 2021 explique Pierre-Alain de Malleray.

"Chaque année, les Français le perçoivent, leur cotisation évolue. Ce n'est pas lié à la réforme du reste à charge zéro mais à l'évolution des dépenses de santé. La réforme du reste à charge zéro ne sera pas première, loin s'en faut, dans les évolutions des cotisations", tempère Thierry Beaudet, président de la Mutualité française. 

"Ça concerne essentiellement les personnes âgées et donc c'est bien pour eux qu'on a fait cette réforme"

Opération déminage d'Agnès Buzyn ce mardi après-midi. Lors d'un point de presse à l'Assemblée, la ministre de la Santé a assuré que la mise en place du reste à charge zéro ne se fera pas au détriment des retraités, déjà fortement impactés par la hausse de la CSG et la revalorisation à minima des pensions de retraites.

"Cette réforme va bénéficier aux personnes retraitées parce que ce sont eux aujourd'hui qui ont le plus besoin aujourd'hui de lunettes, de soins dentaires et de prothèses auditives", a défendu Agnès Buzyn qui a rappelé que le coût de cette réforme, étalé sur trois ans, doit en principe être absorbé par "l'augmentation naturelle des coûts des complémentaires chaque année". Une réforme que l'Assurance maladie prendra en charge aux trois quarts.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.