La compagnie française s'est fait taper sur les doigts par la Commission européenne, qui lui a rappelé qu'elle ne pouvait pas imposer forcément des bons d'achat en échange des billets de vols annulés à cause de la crise du coronavirus. Air France ouvre donc la voie à des remboursements, mais pas pour tout le monde...

File d'attente pour un vol Air France à Roissy, le 14 mai 2020
File d'attente pour un vol Air France à Roissy, le 14 mai 2020 © AFP / Ian LANGSDON / EPA POOL

Se faire rembourser son billet d’avion annulé chez Air France/KLM sera bien possible, mais uniquement pour les billets annulés depuis le 15 mai (et cela va prendre du temps, prévient la compagnie, vue le nombre d’annulation).

Autre cas de figure : si votre billet a été annulé entre le 15 mars et le 15 avril, vous avez pu demander un avoir, un bon d’achat qui sera remboursable au bout de 12 mois. Air France vous incite à conserver cet avoir : cela vous permettra d'avoir droit à une bonification de 15% sur la valeur du prix initial pour l'achat d'un nouveau billet.

Une décision européenne pour recadrer les compagnies

Jusqu’ici, la compagnie ne laissait pas le choix à ses clients, elle imposait des bons d’achats. Or c’est illégal : la Commission européenne vient de le rappeler très fermement cette semaine à une quinzaine d’État, dont la France.

Paris réclamait une modification de ce règlement européen. Mais en France, d'autres s'en réjouissent : ce changement de ton est salué par Alain Bazot, le président de l’UFC Que choisir, même s'il ne le trouve pas suffisant. "Pourquoi les clients avant le 15 mai ne bénéficieraient-ils pas eux aussi du droit au remboursement, tel que la législation le prévoit ? C'est de façon très discrétionnaire qu'Air France applique ou n'applique pas le règlement. Il fait une scission entre les catégories de clients !"

"Ce n'est pas comme ça qu'elle va rétablir la confiance avec les clients ; ils sont déjà très nombreux à témoigner auprès de nous qu'Air France n'est pas près de les revoir."

À ce stade, rappelle-t-il, sur les 57 compagnies aériennes mises en demeure par l'UFC Que Choisir de se mettre en conformité avec la loi, seule EasyJet est rentrée dans les clous.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.