Xavier Broseta pris à partie par certains manifestants
Xavier Broseta pris à partie par certains manifestants © Reuters / Jacky Naegelen

Les images ont déjà fait le tour des réseaux sociaux et des télévisions du monde entier, celles de ces dirigeants violemment pris à partie par des salariés. Une partie des salariés seulement, assure la direction. Les syndicats, eux, demandent à l'État d'agir.

Ce n'est pas le vrai visage d'Air France. C'est le message que tentent de faire passer unanimement la direction et les syndicats après les images de dirigeants de la société, violemment pris à partie par des salariés en colère, en plein Comité central d'Entreprise au siège d'Air France à Roissy. Quelques minutes d'une intense violence physique, après une scène de violence symbolique : le groupe venait d'annoncer la suppression de 2 900 postes d'ici 2017...

La direction va certes porter plainte, mais elle a rapidement évoqué des individus isolés , qui ne représentent pas les salariés.

Il n'empéche, avec ce plan social d'ampleur, le fossé se creuse, Manuel Ruffez

Salariés d'Air France en marge du CCE
Salariés d'Air France en marge du CCE © Reuters / Jacky Naegelen

Quand il prend la parole, dans l'après-midi, le DRH d'Air France, Xavier Broseta, molesté par les manifestants dit deux choses : qu'il est choqué bien, sûr et qu'il pense aux autres blessés... Mais il dit surtout que pour lui, ces actes "ne doivent pas jeter l'opprobre" sur l'ensemble du personnel.

Le PDG d'Air France, Frédéric Gagey tient le même discours.

Ce sont des actes indécents, qui sont je crois totalement en contradiction avec les valeurs d'Air France. Ces violences sont le fait d'individus en nombre limité. Ce que nous avons vu ce matin n'est en aucun cas le vrai visage d'Air France.

Pas question de laisser penser que cette violence serait représentative d'un état d'esprit général, et pourtant... Dans la manifestation, il n'y avait clairement qu'une seule cible, la direction d'Air France. Et quand les faits se produisent, bien peu de salariés pour le déplorer.

La CGT, par la voix de son secrétaire général Miguel Fortea, désigne même un coupable.

On se demande si c'était un but recherché par la direction , et les médias passent uniquement cette image-là de façon à ce qu'on passe pour des nantis, une nouvelle fois. Très concrètement, les médias ne parlent plus des 2 900 licenciements organisés par la direction.

Je peux comprendre que le DRH soit traumatisé, ça a été une épreuve, je l'entends et je le comprends . Mais je m'interroge très fortement sur les sept blessés.

Pas étonnant, dans ces conditions, que les syndicats réclament, pour reprendre des négociations, la présence de l'Etat autour de la table.

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