Le site marchand Alibaba, symbole chinois de la réussite dans l'économie numérique, est dans le collimateur du régime communiste pour "suspicion de pratiques monopolistiques".

Logo du géant Alibaba dans ses bureaux de Hong-Kong, octobre 2020
Logo du géant Alibaba dans ses bureaux de Hong-Kong, octobre 2020 © AFP / Anthony WALLACE

Coup de tonnerre dans le monde des affaires en Chine : Alibaba, géant national du e-commerce et de l'économie numérique, sorte d'Amazon de l'Empire du Milieu, est dans le collimateur du régime communiste pour "suspicion de pratiques monopolistiques".

L'annonce de l'ouverture d'une enquête par l'Administration d'État pour la régulation des marchés contre le groupe fondé par le charismatique Jack Ma a provoqué un plongeon des actions du champion du commerce en ligne, qui perdaient plus de 8 % en fin de matinée à la Bourse de Hong Kong. Les autorités n'ont guère fourni de détails sur ce qui est reproché à Alibaba, mis à part "un accord d'exclusivité" non précisé. Mais les avertissements à l'encontre de la société ont été croissants depuis plusieurs semaines.

Coopération active d'Alibaba avec les enquêteurs

Outre l'enquête contre la maison-mère, les régulateurs ont annoncé avoir contacté Ant Group, filiale d'Alibaba et leader mondial du paiement en ligne, pour des questions de "supervision", moins de deux mois après que Pékin a annulé à la dernière minute l'introduction en Bourse de cette société. Cette entrée en Bourse s'annonçait comme un record du monde, avec un butin de 34,4 milliards de dollars (27,4 milliards d'euros). Le géant du e-commerce a néanmoins "promis de coopérer activement à l'enquête avec les régulateurs".

Dans un communiqué, Ant Group a fait savoir qu'il allait "rapidement étudier les demandes des autorités de régulation et s'y conformer strictement". La suspension de son entrée en Bourse d'Ant Group début novembre avait déjà provoqué la stupeur. Elle survenait quelques jours après un discours à Shanghai de Jack Ma, lors duquel le multi-milliardaire avait critiqué l'action des régulateurs financiers.

Ces propos lui avaient valu une convocation par les autorités et Jack Ma n'a pas été vu en public depuis le fiasco boursier d'Ant Group.