Les propositions du principal syndicat allemand du secteur de la métallurgie mettent la barre très haut en matière de hausse des salaires (6%) ou de réduction du temps de travail (28 heures).

Les propositions du syndicat IG Metall pour les employés du secteur de la métallurgie décoiffent
Les propositions du syndicat IG Metall pour les employés du secteur de la métallurgie décoiffent © AFP / Patrik STOLLARZ

IG Metall est le principal syndicat des presque quatre millions d'employés du secteur de la métallurgie en Allemagne, vaste branche qui recouvre l'automobile, l'électronique, les machines-outils ou encore l'électroménager. 

Avant l'ouverture des négociations annuelles entre organisations syndicales et patronat, une des particularités allemandes, IG Metall a communiqué sur ses priorités.

D'abord une augmentation de salaires de 6 %, ensuite la possibilité pour les salariés de réduire leur durée de travail hebdomadaire à 28 heures.

Même en Allemagne (où les salaires sont élevés), les propositions du syndicat ont provoqué les cris d'orfraie du patronat qui n'ont pas découragé le leader du syndicat. Il a expliqué que les salariés doivent pouvoir "décider de ce qui convient à leurs vies".

La santé de l'économie justifie les hausses de salaire

Côté patronat, Rainer Dulger, président de la fédération Gesamtmetall, répond que les métallurgistes gagnent déjà plus de 56 000 euros par an en moyenne (soit 4600 euros par mois) et que les augmentations salariales au cours des cinq dernières années représentent 20 %. L'an dernier d'ailleurs, IG Metall avait réussi à négocier une augmentation de 4,8% des salaires des employés du secteur sur 21 mois.

Jörg Hofmann, le président du syndicat, explique les demandes salariales de son syndicat par "la bonne santé économique du secteur", tandis que "toutes les prévisions tablent sur une poursuite de la croissance".

La qualité de vie mise en avant

L'autre revendication centrale du syndicat porte sur la durée du travail. IG Metall veut qu'un salarié puisse abaisser son temps de travail à 28 heures par semaine sans avoir à se justifier et ceci pendant une période allant jusqu'à deux ans.

Pour le syndicat, pouvoir dégager du temps pour ses proches est une revendication logique, justifiée également par la flexibilité demandée depuis des années aux salariés : "la flexibilisation des horaires de travail dans les entreprises ne doit pas être un fardeau unilatéral supporté par les employés, eux aussi doivent pouvoir en faire usage", dit Jörg Hofmann, qui souhaite que la rémunération, en cas de temps partiel, ne soit pas diminuée si l'employé aménage son temps de travail pour se consacrer à ses enfants, à un parent âgé ou pour se former.

Une manière de répondre à l'objection patronale d'aggravation de la pénurie de la main d'oeuvre.

IG Metall doit négocier un nouvel accord de branche à partir du 15 novembre prochain.  Ce n'est que si la négociation échoue qu'IG Metall pourra lancer des grèves d'avertissement partout en Allemagne à compter de janvier 2018.  

Lorsqu'il sera trouvé, le prochain accord dans la métallurgie donnera le ton de l'évolution des salaires dans toute l'industrie allemande.   

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