alstom en discussions avec general electric pour céder ses activités dans l'énergie
alstom en discussions avec general electric pour céder ses activités dans l'énergie © reuters
**L'avenir d'Alstom s'écrira-t-il en américain ou en allemand ? General Electric (GE) et Siemens sont sur les rangs pour reprendre la branche énergie du groupe français. François Hollande reçoit ce lundi les dirigeants de GE et de Siemens.** "Alstom poursuit et approfondit sa réflexion stratégique et informera le marché d'ici mercredi 30 avril matin", a fait savoir Alstom [dans un bref communiqué publié dimanche soir](http://www.alstom.com/press-centre/fr/2014/4/communique-de-presse-27042014/). "Dans cette attente, la société a demandé que la cotation de son titre reste suspendue", a ajouté le groupe, privé de Bourse depuis vendredi à la demande de l'Autorité des marchés financiers. **Alstom veut se donner le temps d'étudier avec sérieux les deux offres. Les explications de Delphine Simon, journaliste au service économie de France Inter.**
General Electric a été le premier à se positionner : le groupe aurait proposé à Alstom de lui racheter sa branche énergie pour 13 milliards de dollars environ (9,4 milliards d'euros). Mais Siemens s'est dit prêt dimanche "à échanger sur les questions stratégiques soulevées par une coopération future" avec le groupe français, qui subit de plein fouet la crise européenne du secteur de l'électricité et du marché des nouvelles centrales. ### L'État est prêt à "participer financièrement" Selon _Le Figaro,_ qui dit avoir eu accès à une lettre du PDG de Siemens Joe Kaeser adressée à celui d'Alstom Patrick Kron, le groupe allemand propose lui aussi de reprendre les activités énergie contre une somme en cash et offre, en complément, la moitié de sa branche transports qui regroupe les trains à grande vitesse et les locomotives. **Pour le ministre du Travail François Rebsamen, [invité du 7/9 de France Inter](www.franceinter.fr/emission-le-79-francois-rebsamen-tous-les-emplois-doivent-etre-sauvegardes-chez-alstom), c'est la question de l'emploi qui doit primer dans ce dossier :** > Ce que je souhaite, c'est que l'indépendance énergétique soit maintenue, que les centres de décisions restent en France et que tous les emplois soient sauvegardés.
Sans se prononcer ouvertement en faveur du groupe allemand, le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg a indiqué qu'il souhaitait "créer deux champions européens et mondiaux dans les domaines de l'énergie et du transport, l'un autour de Siemens et l'autre autour d'Alstom". Il a demandé à Alstom de prendre le temps d'examiner les deux offres sous peine de voir l'exécutif s'opposer à une opération. ►►► **ALLER PLUS LOIN | [Arnaud Montebourg prend le train en marche ](http://www.franceinter.fr/depeche-rachat-dalstom-montebourg-prend-le-train-en-marche)** Quelles marges de manoeuvre pour le gouvernement français ? Pour **l'économiste Christopher Dembik** : > L'État n'a pas de réelle capacité à influencer deux entreprises privées dont il n'est pas actionnaire. Il peut simplement s'immiscer dans les discussions. Mais, au final, on aura très probablement un rapprochement avec GE.
François Hollande a reçu à ce lundi à 9h20 le président de General Electric, Jeffrey Immelt, accompagné de Clara Gaymard, PDG de GE France, en présence d'Arnaud Montebourg. Le chef de l'Etat doit également voir le président du directoire de Siemens, Joe Kaeser, à 18h et Martin Bouygues, le PDG de Bouygues, actionnaire de référence d'Alstom, à 19h15. ### L'offre de Siemens présente-t-elle des risques pour l'emploi ? Siemens, déjà intéressé par le rachat des activités énergie d'Alstom en 2004 lors du sauvetage du groupe avec le soutien de l'État, emploie 7.000 personnes en France sur sept sites industriels pour un chiffre d'affaires de 2,1 milliards d'euros en 2013. ►►► **A LIRE AUSSI |** [**Rachat d'Alstom : quand Siemens s'en mêle** ](http://www.franceinter.fr/depeche-rachat-dalstom-quand-siemens-sen-mele) Une opération entre Alstom et son grand rival Siemens donnerait corps à cet "Airbus franco-allemand de l'énergie" que François Hollande a appelé de ses voeux lors de sa conférence de presse de janvier. Problème, il pourrait y avoir des doublons en France avec le groupe allemand : en termes de métiers, Alstom et Siemens sont en concurrence frontale dans les turbines à vapeur, l'éolien en mer, l'hydraulique et la transmission et distribution d'électricité. Alors que GE, lui, est absent de l'éolien en mer et de l'hydraulique, souligne **l'ancien ministre UMP des transports, Dominique Bussereau :** > On risque de créer un monopole qui risque de mettre en cause des sites industriels. il y a peut-être plus de risques de pertes d'emplois dans une alliance avec Siemens. Les salariés d'Alstom suivent toutes ces tractations avec inquiétude. Ils savent d'expérience que les transactions qui se font au sommet ont souvent des conséquences à la base. **Reportage sur le site de Belfort de Nicolas Raffin de France Bleu Belfort-Montbéliard.**
Alstom convoité par GE et Siemens
Alstom convoité par GE et Siemens © Idé
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