Le géant de la vente en ligne l'avait annoncé bien avant la promulgation de la nouvelle taxe en France : si elle se faisait, elle en ferait peser le poids en partie sur des entreprises françaises qui l'utilisent comme espace de vente. Amazon vient donc d'ajouter 3 % de frais de vente pour les vendeurs.

Amazon livre aussi des colis de produits vendus par des professionnels tiers
Amazon livre aussi des colis de produits vendus par des professionnels tiers © AFP / Frank Duenzl / picture alliance / dpa Picture-Alliance

"Vendu par XXX, expédié par Amazon" : si vous utilisez le site de vente en ligne américain, vous connaissez sans doute déjà cette petite note, qui précise que le produit que vous voulez acheter est vendu par un autre professionnel, voire un particulier. Ces derniers profitent de la visibilité sans commune mesure qu'offre le géant du web, en échange d'une commission plus ou moins élevée en fonction du type de produit vendu (de 7 à 15 % du prix, le plus souvent).

Cette commission va augmenter au 1er octobre prochain sur la version française du site, et Amazon vient de l'annoncer à tous les vendeurs partenaires concernés. Dans la nouvelle version de son barème de frais de gestion, Amazon précise : 

À la suite de l’instauration en France d’une nouvelle taxe sur les services numériques au taux de 3%, nous souhaitons vous informer que nous serons contraints d’ajuster les taux de nos frais de vente sur Amazon.fr pour refléter ce coût supplémentaire.

Concrètement, les vendeurs devront payer 3 % de plus par rapport au taux habituel, correspondant aux 3 % demandés par l'État français (des frais de 15 %, par exemple, passeront à 15,45 %).

"Pas en mesure d'absorber une taxe supplémentaire"

Contactée par nos confrères de Next Inpact, la branche française d'Amazon justifie la mesure par le fait qu'elle évolue dans "le secteur très concurrentiel et à faible marge du commerce de détail", tout en "investissant massivement dans la création d’outils et de services destinés à nos clients et à nos vendeurs partenaires". Bref, conclut le communiqué, "nous ne sommes pas en mesure d’absorber une taxe supplémentaire assise sur le chiffre d’affaires et non sur les bénéfices".

De quoi mettre en difficulté les plus petits vendeurs, mais aussi potentiellement les consommateurs assez rapidement : la tentation sera en effet très forte pour des petites entreprises touchées par cette augmentation de répercuter ces frais sur le prix de leurs produits, et donc sur les acheteurs.

Plusieurs de ces vendeurs ont d'ailleurs commencé à réagir, notamment en signalant cette décision d'Amazon à des représentants politiques ou militants, comme Attac France.

Reste à savoir si Amazon répercutera aussi le coût de cette nouvelle taxe aux produits que la société vend elle-même, en augmentant ses propres prix de 3 %.

Cette décision n'est pas vraiment une surprise, Amazon assumant d'avoir "averti les autorités" sur la possibilité d'une augmentation des prix au bout du circuit pour le consommateur. Un rapport parlementaire évoquait aussi cette possibilité que ne manqueraient pas de saisir les acteurs du numérique concernés par la taxe. Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et grand artisan de la taxe Gafa, avait balayé l'argument.

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