Un logo Amazon sur un carton
Un logo Amazon sur un carton © IP3 PRESS/MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Le géant de la vente en ligne, qui jusqu'ici est l'un des symboles de l'optimisation fiscale, annonce ce mardi vouloir déclarer ses revenus en France, après avoir commencé à la faire au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne et en Italie.

Pour Amazon, c'est une manière (au moins en apparence) de rentrer dans le rang et de montrer sa bonne volonté. Dans une déclaration transmise à l'AFP, la société américaine annonce officiellement que "depuis le 1er mai",elle comptabilise ses ventes (et donc ses revenus) dans quatre pays européens . Jusqu'ici, elle ne le faisait que depuis le Luxembourg, ce qui lui permettait de réduire sa facture aux fiscs européens.

"Un aveu incroyable"

Prochaine étape : ouvrir une filiale en France et donc y être imposable . Le groupe assure que cette démarche a été lancée "il y a plus de deux ans". Mais on imagine aisément que les pressions de plus en plus insistantes de Bruxelles sur l'entreprise ne sont pas étrangères à cette décision.

Invité de Patrick Cohen sur France Inter, Thomas Piketty s'est ému de cette annonce, qui au contraire prouve selon lui la mauvaise foi d'Amazon. "C'est un aveu incroyable", explique l'économiste.

C'est formidable de voir des entreprises qui annoncent comme une bonne nouvelle le fait qu'ils vont payer des impôts. Moi je pense surtout qu'il faut leur réclamer la note sur toutes les années passées . Ça ne suffit pas, les excuses. il faut revenir sur le passif et corriger le cas échéant, avec des arriérés.

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Picketti amazon

Depuis plusieurs mois, Amazon (tout comme d'autres grandes entreprises) est dans le colimateur de l'Union européenne, qui cherche des moyens de limiter les pratiques d'optimisation fiscale. Apple le fait en Irlande, Starbucks aux Pays-Bas, Amazon et Fiat au Luxembourg.

Les États concernés risquent eux aussi des sanctions : la Commission européenne devait en principe en décider à la fin du deuxième trimestre 2015. Mais entretemps, la commissaire européenne à la Concurrence a annoncé que les délais des procédures, trop complexes, ne seraient pas tenus .

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