le site goodyear d'amiens-nord bloqué par des salariés
le site goodyear d'amiens-nord bloqué par des salariés © reuters

Le syndicat se dit prêt à "tout faire" pour que l'offre de reprise partielle de Titan International aboutisse. Elle a finalement été confirmée par le géant américain, et doit permettre de sauver 333 emplois sur le site, qui en compte 1.200 aujourd'hui.

Pour la CGT du site d'Amiens Nord, l'offre de Titan est inespérée et il faut "s'engager à fond" sur ce dossier. C'est Mickaël Wamen, responsable CGT de l'usine, qui l'affirme après avoir rencontré Arnaud Montebourg.

Comment cette annonce a-t-elle été perçue sur place ? Le reportage à Amiens de Manuel Ruffez.

Le ministre du Redressement productif est le premier à avoir évoqué cette offre, confirmée (un peu à contrecoeur) ensuite par l'industriel, jusqu'ici en froid avec la France et son gouvernement.

Le responsable syndical s'en réjouit, mais reste prudent.

On est conforté dans le fait qu'effectivement, il y a bien une discussion entre le gouvernement et le groupe Titan et puis, maintenant, la CGT qui est dans la boucle.

Il est encore trop tôt pour dire ce qu'il en sortira. Mais il n'est pas trop tôt pour dire que nous, nous allons tout faire pour que cette fois-ci il y ait une issue favorable pour l'ensemble du personnel sur le site d'Amiens Nord.

Accord indispensable

De son côté, le patron de Titan International souffle le chaud et le froid depuis deux jours. Il a certes admis mardi avoir discuté avec le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, sur une reprise partielle de l'usine Goodyear. Mais pour lui, la condition sine qua non, c'est un accord avec la CGT.

Le ministre voulait savoir si nous serions intéressés par la sauvegarde de ces quelque 300 emplois. J'ai dit oui, une fois que vous aurez réglé les dissensions avec les syndicats. Mais je ne vais pas discuter moi-même avec la CGT, ce ne sont pas mes employés. Vous obtenez un accord entre Goodyear et la CGT, et nous ferons les choses de façon juste. Je serai à vos côtés et nous irons boire du bon vin français.

Un accord qui ne sera pas forcément facile à obtenir, vu la méfiance généralisée des syndicats envers le patron, qui avait déjà jeté l'éponge avec pertes et fracas l'année dernière. "Ils annoncent 333 personnes, c'était 537 il y a quelques mois. Il va falloir qu'il revoie sa copie, parce que ça ne marchera pas", selon Franck Jurek, secrétaire adjoint du comité d'entreprise (CGT).

La fermeture du site d'Amiens-Nord est déjà prigrammée. Il emploie actuellement 1.200 salariés, dont 700 pour l'activité de pneus agricoles sur laquelle porte l'offre de Titan.

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