Une séance du conseil d'administration du groupe franco-néerlandais Air France-KLM doit placer ce mardi Anne-Marie Couderc, dirigeante rompue aux situations de crise, au poste de présidente non-exécutive, en remplacement du PDG Jean-Marc Janaillac, qui a jeté l'éponge début mai.

Anne-Marie Couderc en 2014, lors d'un dîner organisé à l'Élysée
Anne-Marie Couderc en 2014, lors d'un dîner organisé à l'Élysée © AFP / Fred DUFOUR / AFP

Appelée en renfort pour assurer l'intérim à la tête de Air France-KLM, Anne Marie-Couderc, 68 ans, n'a que peu d'expérience dans les transports, même si elle était jusqu'au là administratrice indépendante au sein du conseil de la compagnie, où elle présidait aussi le comité de nomination et de gouvernance. 

Depuis le départ du PDG Jean-Marc Janaillac, c'est donc elle qui sera à la barre du géant franco-néerlandais, en attendant de trouver la perle rare qui pourra redresser un groupe en pleines turbulences.

Femme de presse, habituée des conflits

Avocate de formation, diplômée en droit et en sciences criminelles, son premier contact avec la presse se fait au cours d'un conflit des imprimeries Hachette, qui lui vaut ensuite un poste de responsable juridique au sein du groupe. Elle évoluera longtemps au sein de la maison, avant de la quitter en 1995, pour intégrer le gouvernement Juppé, pendant deux années. 

Débarquée en 1997, elle intègre cette fois le groupe Lagardère, pour diriger la branche presse magazine France, avec une quarantaine de titres sous sa responsabilité, avant un poste de directrice de la publication du JDD et de Paris Match.

C'est elle qui devra affronter une grève au sein même du journal, lors de l'éviction du fondateur historique de Paris Match, Alain Génestar, après la publication d'une photo volée de Cécilia Sarkozy et de Richard Attias qui se retrouve en une du magazine.

L'aventure Lagardère terminée, elle rebondit en prenant la tête de Presstalis (ex-Nouvelles messageries de presse), groupe de distribution de presse en pleine crise qu'elle devra aussi redresser, avant de quitter ses fonctions en 2017.

Femme de droite

Une longue carrière de militante de droite jalonne son parcours de patronne experte en gestion de conflits : adjointe au maire de Paris dès la fin des années 80, députée du XVIIIe arrondissement, elle obtient donc une place au sein du gouvernement Juppé, comme ministre déléguée à l'emploi. Deux années de politique à l'issue desquelles elle revient vite dans le monde de l'entreprise. 

Femme de défi

Ses premiers contacts avec la presse se sont faits par le biais de conflits sociaux : des imprimeries Hachette aux conférences de rédaction chez Lagardère en passant par les grèves de Presstalis, Anne-Marie Couderc, à défaut de n'avoir pas d'expérience dans le secteur des Transports, en a au moins dans celui de la gestion de crise. C'est bien cette carte-là qu'il lui faudra jouer lors de son intérim à la tête d'Air France, enlisée dans une crise qui dure depuis plusieurs mois, et qui a déjà eu raison du précédent dirigeant.

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