Après des mois de conflit, un accord vient d’être signé entre l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris et la CFDT sur l'organisation et le temps de travail. Accord qui sera progressivement mis en place à partir du 1er janvier 2016

C'est la fin d'un long de bras de fer entamé au printemps dernier. En mars, Martin Hirsch, le patron de l'APHP, lançait un pavé au milieu des blouses blanches. Selon lui l'accord de 2002 sur le temps de travail était devenu obsolète, complètement inadapté aux enjeux actuels. Martin Hirsch proposait alors une réforme du temps de travail aux 75.000 agents (hors médecins) des 39 établissements de l'AP-HP. Une nouvelle organisation qui selon lui permettrait d'économiser plus de 20 millions d'euros et de sauver 4.000 emplois par an.

Au bloc, la majorité des personnels travaillent aujourd'hui plus que les 35 heures hebdomadaires, et les minutes accumulées, font des milliers de jours à rattraper. Les fameuses RTT, problème récurrent de l'hôpital et que l'AP-HP comptait résoudre en réduisant le temps de travail journalier de quelques minutes qui provoqueraient la perte de RTT et d'autres jours de congés propres à l'AP-HP.

Un accord qui n'est pas majoritaire

La CFDT, qui l’a signé, ne représente que 18 % des salariés, presque uniquement des cadres. Mais dans le fond, ça ne change rien. Pour lancer sa réforme, le directeur de l'APHP, Martin Hirsch n'avait pas besoin des syndicats. Il est simplement allé chercher cet accord dans le but de gagner en légitimité. Toucher aux 35 heures, sans même consulter les représentants du personnel, c'était donner l'impression d'un passage en force à 200%. Là, Martin Hirsch dispose entre les mains d'un accord, signé par au moins une organisation qui va notamment lui permettre de faire des économies.

Un salarié qui travaillait 7h50 par jour passera obligatoirement à 7h36 et perdra dans l'affaire 8 jours de RTT par an. La direction propose également au personnel qui travaille 7h36 de passer à 7h30 de service quotidien avec là aussi moins de RTT, mais une compensation en heure supplémentaires à la clé.

Pas sûr que cela suffise à calmer les cinq autres syndicats, tenus à l'écart des discussions.

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