La société Ecomouv devait toucher 40% des recettes de l'écotaxe
La société Ecomouv devait toucher 40% des recettes de l'écotaxe © maxppp

Pour Ségolène Royal, l'abandon de l'éco taxe n'est pas une catastrophe et ne remet pas en cause le principe du pollueur payeur.

La ministre a préféré effacer la copie pour tout recommencer. En demandant notamment aux sociétés d'autoroutes de s'assoir autour de la table. Depuis leur privatisation, en 2005, elles ont distribué 15 milliards de dividende à leurs actionnaires.

Blocage des routiers

Hier, jeudi, elle a annoncé l'abandon de l'écotaxe. Au terme d'une réunion avec les fédérations de transporteurs, Ségolène Royal a reportée "sine die" le projet de péage de transit poids lourds. "Nous avons décidé, premièrement, de suspendre sine die le dispositif d'écotaxe, deuxièmement de créer un groupe de travail (...) troisièmement, d'intensifier la recherche de solutions sur la situation économique et sociale globale du secteur" a-t-elle expliqué après trois heures de rencontre au ministère.

De leurs côtés, les routiers avaient menacé d'entamer un mouvement de protestation dès ce lundi. Ils envisageaient de bloquer les axes routiers. Après l'abandon du projet d'écotaxe, les fédérations de transporteurs routiers annulent leur mouvement. "On peut dire qu'on a gagné, puisqu'on a enfin en face de nous deux ministres qui ont pris la mesure du sujet" se satisfait Aline Mesples présidente de l'OTRE, fédération dont la mobilisation avait conduit à la suspension de l'écotaxe en automne 2013.

Surprise totale des écologistes

Dans le camp des écologistes, la surprise est totale. France Nature Environnement est "extrêmement en colère d'avoir une ministre de l'Écologie qui n'a pas compris que la fiscalité écologique est un levier puissant pour faire payer le pollueur". Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d'Europe Ecologie les Verts s'est dite "tout simplement scandalisée".

La question Ecomouv' et les profits des sociétés d'autoroutes

"C'est un gâchis", a estimé l'ex-secrétaire d'État aux Transports Frédéric Cuvillier, sorti du gouvernement en août dernier. Pour l'ancien dirigeant Vert, Dany Cohn-Bendit, cette décision n'est pas surprenante "Royal a toujours été contre" explique l'ex-député européen dans le journal Le Parisien. Ségolène Royal a de son côté évoqué la question d'Ecomouv', le consortium franco-italien avec qui le gouvernement Fillon avait signé un contrat qui stipule que 40% de l'écotaxe doivent lui être versés. Les salariés d'Ecomouv' ont déclaré être "dégoûtés" par l'abandon de l'écotaxe.

Ségolène Royal a expliqué que sa priorité était "le prélèvement du profit des autoroutes."

Michel Sapin, le ministre de finances, évoque les difficultés juridiques autour des contrats autoroutiers :

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