Après une augmentation liée au confinement, la consommation de lait diminue de nouveau. C'est une constante ces dernières années. Et le coût de fabrication des briques s'envole.

Des packs de lait dans un supermarché en 2014.
Des packs de lait dans un supermarché en 2014. © AFP / Quentin Falco

Il y a un an, les éleveurs et les fabricants de lait en brique avaient le sourire. Après plusieurs années de chute, la consommation de lait repartait à la hausse : 6% sur un an. Les après-midi crêpes, les moments en famille à faire des pâtisseries et des gâteaux pendant le confinement avaient dopé la consommation. Surtout, le petit-déjeuner, longtemps délaissé, est redevenu une habitude. Mais le retour en grâce du lait aux yeux des consommateurs n'aura pas duré, selon les chiffres de Syndilait.

Le lait, la crème fraîche, les yaourts touchés

Finalement, le déclin observé ces dernières années a repris. Au mois de mai, le Syndicat national du lait de consommation affirme que cette dernière a baissé de 3 à 5%. Tous les secteurs sont touchés, pas seulement le lait que l'on boit : le beurre, la crème fraîche, les yaourts sont aussi concernés.

"Il y a plusieurs phénomènes", explique Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait. Il dirige la Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel basée dans le Loiret. "Le lait est la star du petit-déjeuner et la consommation hors foyer du premier repas de la journée a redémarré." Autre raison invoquée par Emmanuel Vasseneix : "Le retour des produits d'importation." Enfin, le changement des habitudes alimentaires au fil du temps : comme le petit-déjeuner, le goûter n'a plus le même succès qu'avant et passe de plus en plus souvent à la trappe.

"La baisse de la consommation de lait a commencé il y a une dizaine d'année. C'est l'équivalent d'une usine qui disparaît tous les trois ans en France."

Selon le porte-parole de Syndilait, c'est une baisse de 2% à 3% enregistrée chaque année. Emmanuel Vasseneix regrette aussi des campagnes qu'il juge "antilait", "et qui sont entrées dans la tête du consommateur en assimilant le lait à un produit qui n'est pas toujours bon". Une tribune parue de Le Monde en 2010 intitulée "Les campagnes antilait sont dangereuses pour la santé publique" se demandait si "les Français, champions européens de la consommation de lait, le prendront-ils pour un poison, à proscrire de leur alimentation ?"

Les coûts de production grimpent 

C'est une conséquence directe de l'épidémie de Covid-19 : l'approvisionnement des emballages est de plus en plus tendu. "La reprise de l’économie dans le monde, notamment marquée par la forte demande en Chine, entraîne une flambée de l’ordre de 50% en un an pour les matières premières plastiques et de 20 % pour le carton" souligne Syndilait. Les laiteries doivent supporter une hausse de leurs coûts de production pouvant aller jusqu’à 8 % en un an.

Pourtant, le prix d'une brique de lait n'a pas baissé pour le consommateur : "Pour les marques nationales, il est en particulier passé d’un prix moyen de vente aux consommateurs de 1,17 euro en juin 2020 à 1,10 euro en juin 2021, soit un recul de -6% en un an." Les conséquences pour les éleveurs sont directes. "Ils ne peuvent pas être rentables et finissent par abandonner la production de lait" se désole Emmanuel Vasseneix, qui conclut : "Une exploitation qui s'arrête est une exploitation qui ne peut pas être reprise. C'est trop difficile."