Le comité central d'entreprise, convoqué à La Plaine-Saint-Denis, au siège d'Arcelor-Mittal France a décidé de fermer définitivement les deux hauts fourneaux du site de Florange à l'arrêt depuis juillet et octobre 2011.

Le groupe ArcelorMittal a annoncé lors d'un comité central d'entreprise la fermeture définitive des deuxhauts fourneaux de Florange (Moselle), à l'arrêt depuis 14 mois, ont déclaré les syndicats en marge de la réunion.

"On peut dire que les hauts fourneaux de la Lorraine ont étéfermés aujourd'hui", a dit Walter Broccoli, responsable syndical Force ouvrière, à Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Il a exclu toute possibilité de reprise, même si le président du groupe, Lakshmi Mittal, a selon lui accepté decéder la phase à chaud de Florange, les hauts fourneaux et les outils qui lui sont associés, dont l'aciérie.

"Il n'y aura jamais de reprise", a dit Walter Broccoli, affirmant qu'il faudrait des centaines de millions d'euros pourremettre l'outil à niveau. "L'usine n'est pas viable."

ArcelorMittal n'aurait par ailleurs pris lors du CCE aucun engagement concernant les investissements sur la phase à froid, la transformation de l'acier, contrairement à ce que demandaitle gouvernement.

L'activité packaging (acier pour le boîtage), dont une des deux lignes est arrêtée depuis plusieurs mois, serait menacée sila conjoncture ne s'améliorait pas prochainement, a également dit la direction selon les syndicats.

En Moselle, une quarantaine de syndicalistes du groupe sidérurgique bloquaient lundi les accès aux locaux administratifs du site et entendaient poursuivre leur action.

"Aujourd'hui, c'est la rage, on est sous le choc, a dit à Florange Frédéric Weber, délégué de la CFDT, à Florange. "C'est un coup de massue qui tombe sur 1.000 emplois, 550 emploisdirects et 1.000 avec les sous-traitants." "Il ne nous reste plus qu'un espoir, c'est le gouvernement",a dit à Reuters Frédéric Weber. PROJET DE LOI

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait annoncé jeudi aux salariés du site que le gouvernement était entré "en conflit" avec le sidérurgiste indien. Paris exige qu'ArcelorMittal investisse 150 millions d'euros sur cinq ans dans la phase à froid de Florange, où s'opère latransformation de l'acier, afin de permettre une reprise.

Pour faire face à ce type de situation, le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a préparé en liaison avec le gouvernement une proposition de loi pour obliger toute société désireuse de se débarrasser d'une usine à chercher un repreneur plutôt que de fermer le site - une promesse faite par François Hollande pendant la campagne présidentielle.

Les deux fourneaux de Florange, à l'arrêt depuis juin et octobre 2011, emploient 550 des 2.800 salariés du site. Les syndicats rappellent qu'un rapport commandé par le ministre concluait en juillet à la viabilité économique du site.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé lundi que les pouvoirs publics devaient se doter de "leviers" pour assurer le maintien d'activités comme la sidérurgie.

"Il est indispensable que, dans certains domaines la puissance publique ait des leviers. Si nous n'avons pas de production d'acier dans le pays, on pourra toujours discuter de l'avenir industriel de la France", a-t-il dit sur France Info.

"Le mot nationalisation, s'il est perçu a l'ancienne, n'est peut-être pas satisfaisant mais en tout cas, la maîtrise publique d'un certain nombre d'activités", a ajouté Bernard Thibault.

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