Areva va finalement bénéficier d'un prêt pour boucler son budget.
Areva va finalement bénéficier d'un prêt pour boucler son budget. © MaxPPP

Nouvelles turbulences pour Areva. Après la découverte d’une « anomalie » sur la cuve de l’EPR de Flamanville et après avoir détecté des anomalies dans le suivi des fabrications de certains équipements au sein de son usine du Creusot en Saône et Loire, la direction reconnait que ces anomalies pourraient être dues à des falsifications.C'est ce qu'a révélé le journal les Echos ce mardi matin.Et selon la source anonyme du quotidien économique, une grosse moitié des dysfonctionnements concernerait des pièces nucléaires.

La direction confirme

Chez Areva, on confirme les conclusions de l'audit. Sur 10 000 dossiers de fabrication (sur 50 ans) vérifiés, 400 présentent des anomalies. Dans chaque dossier une pièce d'équipement fabriquée chez Creusot Forge est suivie du début à la fin. Puis elle est annotée par un opérateur qui atteste de sa conformité. Mais dans certains cas où la valeur était presque hors normes, les compte-rendus auraient été modifiés pour retenir une valeur moyenne, donc plus conforme. Des pratiques qui n'auraient plus cours aujourd'hui selon David Emond, directeur de la fabrication chez ArevaNP, la division Réacteurs d’Areva, au micro de Delphine Simon .

À ce stade de notre analyse, nous n'avons identifié aucun sujet qui remet en cause l'intégrité ou la sûreté des pièces, selon David Emond, directeur de la fabrication chez ArevaNP

Silence radio

Les clients d'Areva n'ont jamais su que certaines pièces n'étaient pas dans les normes. Ils vont sans doute réclamer des comptes au groupe nucléaire. Ce sera surement un coup dur alors qu'Areva, en pleine difficultés financières, est sur le point d'être cédé à EDF.

Un nouvel audit étendu aux autres usines

L'Autorité de sureté nucléaire (ASN) quant à elle donne à Areva quinze jours pour évaluer l'impact de ces anomalies sur la sureté des pièces fournies à ces clients . Areva promet qu'un nouvel audit sera étendu à toutes les autres usines du groupe qui font des réacteurs. Les syndicats, eux, réclament toute la lumière sur cette affaire.

Sur son compte Twitter, le groupe Areva a indiqué que les résultats de l'audit seraient disponibles à la fin du mois de mai.

Importantes conséquences

Cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes sur toute la filière nucléaire française vantant sa qualité et son expertise. Les clients d'Areva pourraient demander des comptes au groupe et pourquoi pas des dédommagements. Déjà, à la suite des révélations, le titre à la Bourse reculait de 6% ce mardi matin. Une baisse qui vient s'ajouter à la baisse de 18% enregistrée par le groupe depuis début 2016. Aussi, cette nouvelle affaire pourrait compliquer la restructuration d’Areva NP, la division Réacteurs d’Areva qui doit être reprise par EDF en 2017. Avant même l'apparition de cette affaire, Areva avait annoncé vouloir supprimer 6 000 postes dans le monde, dont 60 sur les 270 salariés de son usine Creusot Forge.

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