Areva dans le rouge
Areva dans le rouge © Vincent Isore/IP3 / Vincent Isore/IP3

La direction d' Areva et les syndicats se réunissent ce jeudi pour évoquer les conséquences sociales du plan d'économies élaboré pour redresser les comptes du groupe, après une perte nette de cinq milliards d'euros l'an dernier. 3.500 postes sont menacés en France, 5.000 à 6.000 au total dans le monde.

Le chiffre est vertigineux. D'après Le Figaro, 3.500 postes pourraient être supprimés sur les 30.000 que comptent les sites d'Areva en France. La direction des ressources humaines du groupe a confirmé ces chiffres ce matin.

François Nogué, le directeur des ressources humaines d'Areva, explique que la réduction de 15% du budget salarial ne passera pas que par des suppressions de postes.

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François Nogué, DRH d'Areva

Ce qui est sûr, c'est que les salariés sont inquiets, explique Jean-Pierre Bachmann, coordinateur CFDT d'Areva :

Il y a une grosse tension. On a cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes : 1 milliard d'euros d'économies. Pas question que les salariés paient le reste !

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Alors que la première réunion de négociation vient de se terminer, le gouvernement veut déjà mettre les choses au clair : dans ce dossier, Bercy attend "un dialogue social exemplaire". Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, doit d'ailleurs rencontrer les syndicats le 22 mai.

Tailler dans la masse salariale ne sera de toute façon pas suffisant pour éponger les dettes d'Areva. Pour l'économiste Thomas Porcher, c'est toute la stratégie du nucléaire français qui est à repenser :

En France, nous avons un bilan énergétique constitué à 45% de nucléaire. La moyenne internationale est de 6%. Nous sommes le pays le plus nucléarisé au monde. Comment voulez-vous, dans ces conditions, qu'Areva prenne des parts de marché supplémentaires ? Il faut investir dans d'autres filières, comme celle des renouvelables. Si Areva n'arrive pas à le faire toute seule, l'État doit la pousser dans cette direction

Déjà 1.500 postes supprimés en Allemagne

Si ce changement n'est pas à l'odre du jour, l'avenir d'Areva passera en revanche par une collaboration plus étroite avec EDF, comme le souhaite l'État, actionnaire à 87% du groupe. Areva pourrait créer des filiales avec l'électricien pour lancer de nouvelles centrales à l'étranger.

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En Allemagne, l'entreprise a déjà annoncé dès la mi-mars 1.500 postes en moins d'ici à 2017. Le groupe a également licencié 170 salariés au Niger.

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