montebourg fustige la réduction "dogmatique" des déficits
montebourg fustige la réduction "dogmatique" des déficits © reuters

"Maintenir le cap", c'est le mot d'ordre depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, du côté de l'exécutif. Mais dans une interview au Monde, le ministre de l'Économie ne semble plus si convaincu. Il dénonce la volonté "dogmatique" de réduire les déficits.

Pour Arnaud Montebourg, il faut de toute urgence changer de méthode, et faire passer au second plan la réduction "dogmatique" des déficits. Pire, il estime même que les choix du gouvernement en la matière ne sont pas "figés".

Il faut donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l'austérité et à la montée continue du chômage. On a aidé les entreprises, il est urgent d'aider les ménages. Nous pourrions par exemple imaginer d'intensifier les baisses d'impôts concernant les classes moyennes et les classes populaires.

François Hollande, qui a promis des annonces "dès la semaine prochaine" dans quatre domaines - le logement, la concurrence et les professions réglementées, la simplification et l'investissement -, a pourtant réaffirmé cette semaine sa volonté de "maintenir le cap" des réformes tout en "forçant l'allure". "Si je pensais que ma politique n'allait pas porter ses fruits, j'en aurais changé", a ainsi déclaré le chef de l'Etat jeudi soir lors d'une rencontre avec des journalistes à Saint-Denis-de-la-Réunion.

Il assure d'ailleurs que c'est la ligne officielle de tout le gouvernement

Une ligne dont semble se démarquer Arnaud Montebourg, qui dit s'employer à être "le porte-parole de ceux, si nombreux, qui appellent à faire évoluer nos choix politiques dans la zone euro".

Mais ce point de vue est-il si surprenant de la part du remuant ministre ? Décryptage avec Carine Bécard

► ► ► SUR LE WEB | L'interview complète d'Arnaud Montebourg sur le site du Monde

Réduire les déficits à tout prix, "une aberration économique"

Pas question pourtant pour le ministre de mettre son poste en jeu. Il y a justement, trop en jeu, selon lui, et il estime être plus à même d'influer sur le cap du gouvernement de l'intérieur. "Je suis à mon poste de combat pour faire évoluer des politiques qui méritent d'être changées."

Aujourd'hui, la réduction à marche forcée des déficits est une aberration économique car elle aggrave le chômage, une absurdité financière car elle rend impossible le rétablissement des comptes publics, et un sinistre politique car elle jette les Européens dans les bras des partis extrémistes qui veulent détruire l'Europe.

Une opération séduction, également, auprès des fameux "frondeurs" socialistes. Plusieurs ont d'ailleurs été conviés, dimanche, à la traditionnelle Fête de la Rose à Frangy-en-Bresse, organisée chaque année par Arnaud Montebourg.

Pour Karine Berger, députée PS des Hautes-Alpes, c'est une question légitime que pose Arnaud Montebourg

Après deux trimestres de croissance nulle, le gouvernement a divisé par deux sa prévision de hausse du PIB cette année, à environ 0,5%, et juge que rien ne permet de prévoir pour 2015 une croissance très supérieure à 1%. Un rythme insuffisant pour faire retomber le taux de chômage, qui augmente de mois en mois, jusqu'à toucher plus de cinq millions de Français, et pour tenir les objectifs de réduction du déficit public.

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