Montebourg défend sa mission face aux critiques de Parisot
Montebourg défend sa mission face aux critiques de Parisot © Reuters / Charles Platiau

PARIS, 26 novembre (Reuters) - Arnaud Montebourg, qui a dit au quotidien Les Echos ne plus vouloir de Mittal en France, a précisé lundi que la présence du groupe dans le pays n'était pas en question mais que les menaces et les méthodes du sidérurgiste n'étaient pas acceptables.

Le président d'ArcelorMittal, Lakshmi Mittal, sera reçu mardi par François Hollande pour discuter de l'avenir du site de Florange, au coeur du bras de fer avec le ministre du Redressement productif.

Le gouvernement presse Mittal de céder plus d'activités que prévu pour permettre la reprise du site mosellan, une opération qui pourrait passer par une nationalisation temporaire.

"La présence industrielle de Mittal en France n'est pas en cause", écrit Arnaud Montebourg sur Twitter. "Ce sont les méthodes de Mittal, les menaces proférées à l'encontre des 20.000 salariés vendredi qui ne sont pas acceptables."

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tweet Montebourg © Radio France

En déplacement dans le Loiret, Arnaud Montebourd est revenu lundi apres-midi sur ses propos, au micro de Marion L'Hour.

Arnaud Montebourg expliquait dans un entretien aux Echos publié lundi que "nous ne voulons plus de Mittal en France parce qu'ils n'ont pas respecté la France". "Les mensonges de Mittal depuis 2006 sont accablants", ajoutait-il, à propos de la fermeture du site de Gandrange. Il n'a "jamais tenu ses engagements" envers l'Etat.

L'entourage de Lakshmi Mittal a protesté. "Nous sommes particulièrement choqués par ce qu'a dit M. Montebourg", a dit une source proche. "Ce sont des déclarations assez violentes à l'égard d'un groupe qui emploie 20.000 personnes en France."

DEUX OFFRES POUR FLORANGE

A cinq jours de l'expiration du délai accordé au gouvernement pour trouver un repreneur aux deux hauts fourneaux et à l'aciérie de Florange, qu'ArcelorMittal veut fermer, Arnaud Montebourg a confirmé qu'il travaillait sur un "projet de nationalisation transitoire" de Florange.

"Le problème des hauts fourneaux de Florange, ce n'est pas les hauts fourneaux de Florange, c'est Mittal", dit-il. Le groupe refuse de céder l'activité transformation de l'acier, comme le réclame le gouvernement pour faciliter une reprise.

Selon Les Echos, le ministre, qui a fait état de deux offres sur l'ensemble de Florange, envisage "une association avec un industriel, minoritaire, le temps de stabiliser l'activité".

Arnaud Montebourg a précisé que l'opération se ferait sans coût pour l'Etat, lors de la visite d'une usine Duralex, à La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret).

"Nous faisons la proposition de prendre le contrôle de façon temporaire à coût nul pour les finances publiques. Tout argent investi fera l'objet d'une recette ultérieure quand (Florange) sera revendu, en conséquence de quoi les finances publiques n'auront pas à supporter le moindre coût", a-t-il dit.

LES SYNDICALISTES DE FLORANGE APPUYENT LA DEMARCHE

L'hypothèse d'une nationalisation a reçu nombre de soutiens politiques de tous bords, comme celui du président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, lundi matin sur France Inter, ou d'élus de Moselle dont une députée UMP.

L'ex-ministre de l'Economie Thierry Breton, qui était à Bercy lorsque Mittal avait lancé une OPA sur Arcelor en 2006, a déclaré que la légitimité d'une nationalisation ne saurait être discutée dans son principe.

"Arnaud Montebourg a tort d'utiliser une forme polémique, mais, sur le fond, il a raison : l'Etat ne peut pas rester indifférent au sort de la sidérurgie" répond Henri Guaino, ex conseiller de Nicolas Sarkozy, interrogé par Les Echos.

La fédération FO métaux a estimé lundi qu'une nationalisation temporaire était "la seule solution pour que cette activité stratégique pour la France et le bassin d'emploi continue à vivre et à prospérer".

Sur place, Frédéric Weber (CFDT), porte-parole de l'intersyndicale s’interroge. "Est-ce que le gouvernement aura le courage d'aller au bout de la démarche ? Ce qui est sûr, c'est qu'avec Mittal, on est mort."

Une délégation de l'intersyndicale sera reçue mercredi à Paris par Arnaud Montebourg et se rendra ensuite à l'Assemblée nationale.

Le ministre avait accusé jeudi ArcelorMittal d'être "redevable aux yeux de l'administration fiscale française d'une dette fiscale que nous considérons astronomique", ce à quoi le groupe avait apporté un démenti catégorique.

Yann Le Guernigou et Jean-Baptiste Vey, avec Mourad Guichard dans le Loiret

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