En moyenne, chaque salarié s'est absenté pour raison de santé 17,2 jours en 2017, d'après l'enquête annuelle Ayming-Kantar sur l'absentéisme au travail dans le secteur privé. Soumis à des conditions de travail plus éprouvantes ou en raison d'une santé plus fragile, les femmes et les seniors sont davantage concernés.

Le taux d'absentéisme est plus élevé chez les seniors, confrontés à des maladies lourdes, et chez les femmes, dont les postes causent davantage de troubles musculo-squelettiques.
Le taux d'absentéisme est plus élevé chez les seniors, confrontés à des maladies lourdes, et chez les femmes, dont les postes causent davantage de troubles musculo-squelettiques. © Maxppp / Leyla Vidal

Dans le Journal du dimanche, fin août, Edouard Philippe s'en était pris à l'absentéisme au travail des salariés du privé, déplorant la hausse, en trois ans, du nombre d'arrêts pour des raisons de santé, pour faire grimper la moyenne annuelle d'une journée. "C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire !" s'était insurgé le Premier ministre chez nos confrères, déclenchant de multiples protestations.

Pour Ayming-AG2R La Mondiale qui publie son baromètre annuel sur l'absentéisme au travail à partir de l'enquête Kantar, le taux d'absence des salariés du privé est en hausse, se situant à 4,72 % en 2017, soit 17,2 jours d'absence pour raisons de santé (arrêt maladie, accident de travail, accident de trajet et maladie professionnelle), contre 16,8 jours en 2016.

Selon l'enquête, de fortes disparités subsistent toujours entre secteurs d'activité, mais aussi selon le sexe des travailleurs. Ainsi, le taux d'absentéisme augmente pour les salariés de la santé, de l'industrie et du commerce, quand il baisse pour ceux du secteur des services. 

Santé fragilisée pour les femmes et l'allongement de la durée de travail pour les seniors

Chez les femmes, ce taux s'élève pour 2017 à 5,30 %, contre 3,54 % pour les hommes, avec une différence qui s'explique par de nombreuses raisons. Tout d'abord, relèvent les auteurs du baromètre, "les femmes occupent des postes générateurs de _problèmes de santé plus importants_", susceptibles de provoquer des troubles musculo-squelettiques. Ensuite, elles continuent à assumer davantage les charges domestiques que leurs conjoints et sont plus fréquemment dans une situation de famille monoparentale que les hommes, des facteurs qui engendrent fatigue, absence de repos et va fragiliser leur santé et rendre leur guérison plus difficile.

Les seniors sont eux-aussi concernés par un plus fort taux d'absentéisme (7,55 % chez les plus de 55 ans), lié non pas à la fréquence de leurs arrêts pour raison de santé, mais à la durée de ces derniers. Près la moitié des absences des plus de 55 ans sont ainsi liées à des maladies graves et durent plus d'un mois d'arrêt consécutif, avec une fréquence plus forte, en raison de l'allongement de la durée de travail.

Mais l'étude tempère ces absences et affirme que "l'absentéisme n'est pas lié à l'âge" : "les jeunes s’absentent moins longtemps mais plus souvent", avec des arrêts plus souvent liés à un "désengagement du poste" quand il s'agit de longue durée, quand les aînés "s’absentent moins souvent mais plus longtemps".

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