emmanuel macron favorable a des dérogations aux 35 heures
emmanuel macron favorable a des dérogations aux 35 heures © reuters
**Dans une interview au JDD, le ministre de l'Économie relance la polémique sur l'assurance chômage, jugeant nécessaire de la réformer, de force si nécessaire. Réactions très vives à gauche.** Le président de la République a communiqué dès ce lundi matin sur le sujet. "S'agissant de l'assurance chômage, il y a bien un problème de déficit, mais la négociation sur le sujet viendra le moment venu, pas immédiatement… Cette question relève de la responsabilité des partenaires sociaux en lien avec l'Etat", a précisé l'Elysée. Dimanche Emmanuel Macron, expliquait l'Etat pourrait "reprendre la main" si les blocages "sont trop lourds" sur le sujet. Après avoir déclenché un tollé en prônant une réforme des règles d'indemnisation des chômeurs, le Premier ministre, Manuel Valls, s'était déjà efforcé mercredi de ramener le calme dans les esprits en renvoyant la question à des négociations entre les partenaires sociaux en 2016. Le président François Hollande avait balayé l'idée lui aussi, estimant qu'il y avait assez de sujets de réforme sur la table pour occuper le gouvernement. Emmanuel Macron remet cependant les pieds dans le plat dans son interview au Journal du dimanche. > Il ne doit pas y avoir de tabou, ni de posture. L'assurance chômage est en déficit de quatre milliards d'euros. Quel responsable politique peut s'en satisfaire ? Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là. **Les précisions de François Desplans**
L'assurance chomage a déjà fait l'objet d'une réforme il n' ya pas si longtemps, c'était en mars dernier; et elle s'applqiue depuis la rentrée, suscitant d'ailleurs la grogne des intermittents du spectacle. Mais visiblement, pour Emmanuel Macron ce n'est pas suffisant.. Et il demande donc aux partenaires sociaux de se remettre autour de la table. Bref pas question de court-circuiter le dialogue social... Pour l'instant. Pour Emmanuel Macron, "c'est [certes] aux partenaires sociaux qu'il appartient de faire avancer les choses. Mais comme l'Etat garantit financièrement le régime, il peut aussi reprendre la main si les blocages sont trop lourds. Le sujet reviendra en temps voulu." **Pour Stéphane Lardy, chargé des questions d'emploi à Force ouvrière, si le gouvernement veut réduire les allocations chômage, il faut qu'il l'assume mais il le fera seul**
À l'inverse, au MEDEF, on salue ce point de vue d'Emmanuel Macron. L'organisation patronale prône depuis longtemps une modulation des droits en fonction du taux de chômage. Le patronal attend maintenant de voir comment passer de l'idée à la pratique... **Thibault Lanxade, membre du conseil exécutif du MEDEF, contacté par François Desplans**
Même le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, réplique sèchement que "la gauche n'a pas de tabous, mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s'exprime, les ministres appliquent". **Jean-Christophe Cambadélis dénonce "des propos maladroits"**
Réaction aussi à gauche du PS, notamment de Jean-Luc Mélenchon, qui lance au ministre, surnommé "Monsieur le banquier" en référence sa carrière dans la finance : "Arrêtez de parler de tabou, [l'assurance chômage] ce n'est pas un tabou. C'est un acquis social."
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