D'après le baromètre EY, la France enregistre une attractivité jamais vue au cours des dix dernières années. Parmi les points positifs, le retour en grâce de l'Hexagone aux yeux des investisseurs étrangers et un contexte global favorable.

Paris passe devant Londres au classement des métropoles européennes les plus attractives.
Paris passe devant Londres au classement des métropoles européennes les plus attractives. © AFP / Lucas Barioulet

Le baromètre d'attractivité du cabinet EY publié ce lundi établit comme chaque année un état des lieux de l'attractivité des Etats du monde entier. Pour la deuxième année consécutive, la France affiche des chiffres encourageants de reprise, devançant même l'Allemagne et le Royaume-Uni dans certains secteurs. Un regain en partie dû au contexte de reprise de la croissance au sein de l'Union européenne et à la vague de réformes instituées par le gouvernement. Pour la communauté internationale des affaires, la compétitivité fiscale et les barrières à la création d'emplois restent en revanche des points de blocage importants chez les investisseurs. 

1. Plus de 30 % d'investissements étrangers supplémentaires

En 2017, la France enregistre une augmentation de 31 % des investissements étrangers. Un chiffre qui avait déjà atteint près de 30 % l'an passé. Résultat, 1 019 projets d'implantation ou d'extension de sites ont vu le jour, contre 1 205 au Royaume-Uni et 1 124 en l'Allemagne. Seul frein à cette dynamique, la France ne génère pas autant d'emplois que ses deux concurrents européens, en proportion au nombre de projets émergents, comme en témoigne ces chiffres :

2. Un regain d’attractivité qui devrait durer 

Une étude de perception réalisée en janvier 2018 par le cabinet EY révèle que sur 208 dirigeants étrangers interrogés, 55 % estiment que le vent en poupe de la France va se poursuivre dans les trois années à venir. À titre de comparaison, ils étaient seulement 27 % à se prononcer dans ce sens en 2017. Un score d'ailleurs très supérieur à celui de l'Allemagne (45 %) et du Royaume-Uni (30 %). 

En revanche, les perspectives d'implantation restent modestes puisque seulement 24 % des décideurs interrogés envisagent d'implanter ou d'étendre ses activités dans l'Hexagone. Autre chiffre marquant, 81 % des investisseurs internationaux se déclarent satisfaits de leurs implantations et opérations sur le territoire. Un chiffre qui n'avait pas été atteint depuis près de dix ans.

3. Paris en tête du classement européen

Au total, 37 % d'investisseurs étrangers estiment que Paris est la métropole européenne la plus attractive. La "ville lumière" passe cette année devant Londres, 34 %, et Berlin, 24 %, soit un gain de de dix points en un an. D'après les observateurs, la capitale britannique subit les répercussions et incertitudes qui gravitent autour du vote du Brexit, tandis que Paris bénéficie des retombées des réformes mises en place au cours de l'année écoulée. 

Une nouvelle dont s'est réjouit la maire de Paris, Anne Hidalgo, sur son compte Twitter :

4. L'industrie en bonne forme

Le secteur industriel apparaît comme le moteur de cette dynamique positive avec plus 52 % d'implantations ou d'extensions, soit l'équivalent de 323 projets, en 2017. Cependant, le secteur continue de générer seulement 32 emplois par projet, contre 50 au Royaume-Uni et 139 en Pologne. 

Parallèlement, une augmentation de 43 % d'implantation de centres de décision a été enregistrée, et 78 projets de centres de recherche ont vu le jour. C'est 53 % de plus qu'en 2016.

5. L'emploi bloque encore

Malgré les réformes mises en place en faveur d'une libéralisation du marché et d'un assouplissement des démarches, certains points continuent de freiner les investisseurs de la communauté internationale. Parmi eux, l'amélioration de la compétitivité fiscale ou encore l'intensification de simplification administrative pour les entreprises. 

L'emploi reste l'enjeu principal au sein de l'Hexagone. Seules 24 % des entreprises envisagent de nouvelles implantations dans l'Hexagone, soit une augmentation de deux points par rapport à 2016. La nécessité première est alors d'attirer de nouvelles sociétés, pour renouveler le tissu entrepreneurial et diversifier l'offre.  

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