Tampon hygiénique
Tampon hygiénique © Lili K./Corbis

Les sénateurs ont voté samedi la réduction du taux de TVA sur les protections hygiéniques féminines, la faisant passer de 20 à 5,5 %. Une mesure adoptée malgré l'opposition du gouvernement et des députés. Ce sont ces derniers qui devront valider ou non l'amendement.

Le 15 octobre dernier, l'Assemblée nationale s'était attiré les foudres de la moitié de la population en rejetant une proposition de la députée PS Catherine Coutelle, visant à réduire cette TVA de 20 %, surnommée "taxe tampon" . Les députés (proportionnellement peu nombreux à être directement touchés par la question) avaient suivi le secrétaire d'État au Budget, Christian Eckert, qui avait maladroitement rapproché la TVA sur les tampons de celle sur "la mousse à raser" ou "les parcs d'attraction".

Le tout avait poussé plusieurs collectifs et associations dans la rue, pour dénoncer un "Culotte Gate" .

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Le Sénat a donc pris un virage autrement plus audacieux en votant à main levée, toujours contre l'avis de Christian Eckert, une série d'amendements déposés par des sénateurs de tous les groupes politiques.

"Réparer un oubli historique"

Le secrétaire d'État a toutefois regretté que "ses propos aient été caricaturés . J'ai dit que cet amendement ouvre la porte à une série d'autres amendements liés au taux de TVA". La mesure devrait coûter selon lui 55 millions d'euros.

De son côté, Chantal Jouanno (UDI-UC), présidente de la délégation aux droits des femmes, a rappelé qu'un taux de TVA réduit est déjà appliqué chez nos voisins espagnols et anglais. En Irlande, le taux de TVA sur les protections hygiéniques, "produits de première nécessité", est même nul."Adopter cette baisse du taux, c'est réparer un oubli historique", assure la sénatrice.

Pour Marie Allibert, porte-parole du collectif "Osez le féminisme", les sénateurs corrigent une erreur

La disposition vise aussi les produits de protection hygiénique pour les personnes âgées, mais pas les couches pour nourrissons (dont la TVA resterait à 20 %).

Pour entrer en vigueur,tous ces amendements doivent être à nouveau examinés et éventuellement approuvés par l'Assemblée nationale en deuxième lecture du projet de loi de finances.

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