Les abattoirs AIM risquent la liquidation
Les abattoirs AIM risquent la liquidation © Radio France / Laurent Kramer

C'est ce jeudi que la justice se penchera sur le sort d'AIM, l'un des derniers abatttoirs indépendants de la grande distribution, qui emploie 590 salariés en France. Pour sauver leur entreprise, les salariés préparent un projet de Scop... Mais il n'est toujours pas finalisé.

Ils seront fixés sur leur sort dans l'après-midi, devant le tribunal de commerce de Coutances (Manche) : sauf surprise, ce sera une liquidation avec poursuite d'activité. Mais les salariés d'AIM ont déjà la rage de vaincre. "On va déposer un projet de Scop", explique Sébastien Lafon, délégué CFE-CGC de Sainte-Cécile, le principal site d'AIM. "Mais il ne sera pas finalisé d'ici à l'audience, donc il y aura des clauses suspensives."

Après trois semaines de grève, les salariés ont également repris le travail le 11 mars, en signe de bonne volonté et pour démontrer leur capacité à faire tourner l'entreprise. "On augmente peu à peu notre volumétrie d'abattage, on est à 600 porcs abattus par jour", assure le délégué syndical. Avant la cessation de paiement, ce sont 10.000 à 13.000 porcs par semaine qui étaient abattus sur place.

Des éponges jetées

Sans cette Scop, l'avenir des abattoirs normands semble sombre. À deux reprises au moins, les salariés ont vu passer des offres de reprise. Une petite entreprise de l'agglomération de Caen avait déposé un projet, avant de le retirer quatre jours plus tard. Puis un repreneur anonyme avait lui aussi jeté l'éponge après trois jours. Aucun nouveau projet d'offre n'a été déposé depuis. Même le projet des salariés ne pourra reprendre tous les salariés de l'entreprise, en grande difficulté face à la crise du porc.

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AIM, l'un des derniers abattoirs français à rester indépendant de la grande distribution, est détenue à 64 % par la coopérative Cap 50, que la CFDT accuse de leur avoir fait perdre 22 millions d'euros en quatre ans en obligeant les abattoirs à acheter du porc trop cher. Les éleveurs, eux, se sont ensuite engagés à ne pas pratiquer de prix trop élevés, susceptibles de faire fuir un repreneur... Ou de tuer dans l'oeuf le projet de Scop des salariés.

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