PSA, le constructeur des véhicules Peugeot et Citroën, va investir 200 millions d'euros dans les cinq prochaines années à Sochaux. Une manne ou une opération cosmétique ?

PSA va moderniser son site historique pour y développer de nouveaux modèles d'automobiles, notamment.
PSA va moderniser son site historique pour y développer de nouveaux modèles d'automobiles, notamment. © AFP / SEBASTIEN BOZON

Reconfiguration

200 millions d’euros, c’est une somme. Mais à l’échelle des investissements industriels, le montant est relatif. Par comparaison, en avril 2016, le groupe Renault annonçait 900 millions d’euros d’investissement au Maroc pour développer une plateforme de fabrication et d’approvisionnement en pièces détachées.

Pour Gaëtan Toulemonde, analyste chez Deutsche Bank :

On ne construit rien 200 millions. Mais on peut mettre de la souplesse et de la flexibilité dans un site existant.

Un site qui, précise PSA dans un communiqué, porte l’héritage « de plus de 100 ans d'histoire industrielle ». Parmi les chantiers du projet « Sochaux 2022 », une nouvelle ligne est prévue pour produire des pièces en métal pour différents modèles de véhicules.

Performance

PSA ambitionne donc de faire de son implantation historique « un site plus souple (qui) peut permettre de répondre plus vite a la demande, donc, peut-être, d'augmenter la production et les effectifs », ajoute Gaëtan Toulemonde. Le groupe PSA, en la matière, avec ses 3 millions de véhicules vendus chaque année, reste loin derrière Renault-Nissan, qui revendique près de 10 millions de véhicules vendus en 2016.

L’enjeu du projet « Sochaux 2022 » réside justement dans la capacité à diversifier et soutenir la production. Et cela tombe bien : l’usine du Doubs, qui produit notamment la Peugeot 3008, un best-seller, devrait bientôt construire un véhicule pour Opel. Avant, peut-être, que PSA ne mette la main sur le constructeur allemand (groupe General Motors) et son million de véhicules annuels.

Emploi

Si les effets d’un rachat éventuel d’Opel ont suscité de vives inquiétudes en matière d’emploi, l’investissement à Sochaux, lui, est bien reçu par les salariés du cru : « une bonne nouvelle », et, pour un représentant syndical, « énormément de travail pour les cinq années qui viennent ». Un sentiment que confirme l’analyste de Deutsche Bank, qui estime que l’opération ne présente « pas d’enjeu négatif en termes d’emploi ». En espérant, comme certains l’expriment, « que tout ne sera pas automatisé ».

► ÉCOUTER | Le reportage de Christophe Beck à Sochaux

Aujourd’hui, le groupe PSA emploie 66 000 personnes en France, ce qui représente 70% de son effectif mondial, sur cinq usines de production de véhicules et onze usines de fabrication de composants.

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