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péage © Maxppp / Philippe Lavieille

En plus des bouchons, les départs en vacances sont l'occasion de (re)découvrir la joie des péages autoroutiers dont les prix ne cessent d'augmenter. Un rapport de la Cour des comptes dénonce aujourd'hui ces tarifs mal négociés par l'Etat, sans légitimité pour l'usager.

Le premier constat de la Cour des comptes est simple : les prix des péages n'en finissent jamais d'augmenter : 1,9% par an, par exemple, chez Cofiroute, entre 2009 et 2012. Cette hausse est supérieure à l'inflation.

Deuxième évidence, les sociétés autoroutières engrangent d'énormes bénéfices : 7,6 milliards d'euros de péages en 2011 et 4,28 milliards d'euros rien que pour Vinci.

Les hausses ont été telles qu'en 2012, alors que le trafic a chuté fortement, le chiffre d'affaires péages s'est légèrement accru pour ASF, Escota, APRR et Area.

Vincent Bouquet a assisté à la présentation du rapport au Sénat

Tarifs "contestables"

Pour les entreprises privés auxquelles l'Etat a concédé le réseau autoroutier, les prix sont justifiés par leurs investissements.

Une logique que la Cour des comptes ne remet pas en cause même si cela signifie que les bénéfices ne conduisent pas à une baisse des tarifs. Surtout, elle remarque que ces investissements ne profitent pas nécessairement aux usagers . Par exemple, la hausse des tarifs sert à financer la multiplication des télépéages.

En outre, souligne le rapport, cette logique ne peut avoir qu'une conséquence : l'augmentation "constante et continue des tarifs".

L'Etat doit mieux négocier

Tous les tarifs sont validés par le gouvernement et négociés entre l'Etat et les entreprises pour une période de 5 ans.

La Cour des comptes soupçonne une position d'infériorité de l'Etat dans cette relation et parle de "rapports déséquilibrés" . Car, en face, ce sont des sociétés "puisantes, adossées à de grands groupes, de BTP en particulier."

L'Etat ne se montre pas assez exigeant en cas de non-respect de leurs obligations par les concessionnaires, qu'il s'agisse de préserver le patrimoine, de respecter les engagements pris dans les contrats de plan ou de transmettre les données demandées.

Un bras de fer faussé en somme où les pouvoirs publics baissent les bras et les yeux.

Pour la Cour des comptes, il faut "privilégier désormais l'intérêt des utilisateurs et, à terme, l'Etat". On pourrait, par exemple, envisager de plafonner les tarifs .

Ce rapport est une commande de la Commission des finances de l'Assemblée et notamment des députés socialistes Alain Rodet et Olivier Faure.

Olivier Faure était l'invité du 13h et fait le point sur cette polémique autoroutière.

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