Les autoroutes génèrent beaucoup d'argent qui échappe à l'Etat
Les autoroutes génèrent beaucoup d'argent qui échappe à l'Etat © maxppp

Le bras de fer se durcit entre le gouvernement et les concessionnaires autoroutiers. Le premier annonce un gel des tarifs, censés augmenter au 1er février. Les seconds menacent d'entamer une procédure judiciaire pour obtenir leurs 1,07 % supplémentaires.

C'est la hausse qui était en tout cas prévue jusqu'ici dans les péages français. Les concessionnaires (Vinci, Eiffage, Abertis) n'étaient a priori pas hostiles à un gel cete année, à condition qu'il soit compensé par un lissage des hausses sur plusieurs années. Mais Manuel Valls a choisi la manière force, en annonçant dans un communiqué que le gel serait effectif sans aucune garantie.

Dans l'attente de l'aboutissement de ces travaux [les négociations sur les concessions autoroutières] , le gouvernement a décidé de surseoir à l'application de la hausse des péages prévue contractuellement le 1er février. Il prendra des arrêtés à cette fin.

Le Premier ministre a déjà annoncé un nouveau point d'étape avec le groupe de travail sur le sujet à la fin du mois de février. Une manière de faire pression sur les sociétés d'autoroute, en pleine bataille avec l'État, de plus en plus tenté par les profits générés par les péages. Le régime des concessions fait à nouveau l'objet d'un véritable débat en France.

De leur côté, les concessionnaires ont annoncé le lancement d'une procédure contre l'État, qu'elles ont annoncé dans un communiqué commun. La procédure devrait être présentée au Conseil d'État.

Les sociétés regrettent profondément cette décision unilatérale qui décrédibilise de façon durable la signature de l'État pour les contrats de partenariat public-privé et introduit une incertitude pour les entreprises et leurs actionnaires, dans leurs relations avec les marchés internationaux qui financent les investissements qu'elles réalisent pour le compte de l'État.

Deux scénarios sont envisagés par le groupe de travail : une renégociation des contrats de concession avec des sociétés plutôt récalcitrantes, et leur résiliation pure et simple, une solution que le gouvernement a décidé le 31 décembre de ne pas utiliser, reportant la menace à l'année prochaine en cas de blocage.

Les sociétés d'autoroutes très rentables.
Les sociétés d'autoroutes très rentables. © Radio France
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.