L’ex-PDG de Renault, en fuite et accusé de possibles malversations en France et au Japon, réclame 250.000 euros au constructeur automobile. Une procédure qui révolte les syndicats, qui n’en reviennent toujours pas et dénoncent son attitude.

Carlos le 10 janvier 2020 lors d’une interview à Beyrouth avec un média japonais
Carlos le 10 janvier 2020 lors d’une interview à Beyrouth avec un média japonais © AFP / Yomiuri / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun

La première passe d'armes est prévue à 9h, devant les prud’hommes, entre Carlos Ghosn et son ancien employeur. Alors qu'il fait l'objet d'une information judiciaire depuis cette semaine, qu'un juge d'instruction a été saisi, chargé d'enquêter sur de possibles malversations financières en France, l'ancien patron de Renault réclame 250 000 euros au constructeur.

"Témoignage de son mépris envers les salariés", réagissent en amont les syndicats. Pour eux, cette saisine des prud'hommes en dit long sur Carlos Ghosn, "homme sans limite au cynisme éprouvé", selon la CGT. Le principal intéressé, lui, estime cette audience totalement justifiée.

Le litige porte sur 250.000 euros, une somme que Carlos Ghosn estime lui être due au titre de sa retraite (régime de base et Agirc Arrco mélangés), et qui ne lui a toujours pas été versée, un an après son départ. "J'ai des droits", avait lâché Carlos Ghosn lors de sa fameuse conférence de presse à Beyrouth en janvier dernier : il promettait de les faire valoir, on y est.

12 millions d’euros en actions très convoitées

Renault freine de son côté l'enthousiasme de son ancien PDG. Carlos Ghosn avait le statut de mandataire social, pas de salarié, les droits ne sont donc pas les mêmes, plaide le constructeur.

Ce dernier s'attend à être attaqué également sur deux autres sujets : sa retraite chapeau d'abord (près de 800.000 euros par an que Carlos Ghosn estime avoir mérités) et l'attribution contestée, ensuite, de 380 000 actions promises à l'intéressé, au titre des bonnes performances du constructeur entre 2015 et 2018. Des titres valorisés 12 millions d'euros, sur lesquels, là non plus, Carlos Ghosn n'est pas près de vouloir s'asseoir.

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