Pendant le confinement, le chiffre d'affaires d'Uber lié aux livraisons de repas a dépassé celui du transport de passagers en VTC. Tous les indicateurs ont néanmoins viré au rouge : l'entreprise a perdu 1,8 milliards de dollars entre avril et juin. Aujourd'hui, l'entreprise souffre toujours de la pandémie.

Pendant le confinement, le chiffre d'affaires des livraisons de repas via Uber Eats a plus que doublé.
Pendant le confinement, le chiffre d'affaires des livraisons de repas via Uber Eats a plus que doublé. © AFP / Kazuhiro NOGI

Alors que le monde semblait s'être arrêté, le confinement dû au coronavirus n'a pas empêché les gens de se faire plaisir sans bouger de chez eux puisqu'on leur interdisait d'aller au restaurant. La plateforme américaine de livraisons de repas à domicile UberEats a généré au printemps une progression record. A contrario, le pan de l'entreprise Uber dédié au transport de personnes par VTC a subit de plein fouet la crise du Covid-19 et a enregistré de grosses pertes financières. Ainsi, pour la première fois de l'histoire de la société, les livraisons ont généré plus d'argent que les courses avec chauffeurs.

Une perte de revenus globale à cause du confinement

Plus d'argent certes, mais pas assez pour éviter un effondrement des revenus globaux de la plateforme. Ce jeudi, Uber indique avoir perdu 1,8 milliard de dollars (1,5 milliards d'euros) pour la période d'avril à juin 2020 et annonce que ses revenus ne cessent de dégringoler. 

En un an, son chiffre d'affaires a perdu 29% largement à cause du confinement, qui a provoqué l'effondrement de la demande pour les trajets en voiture. Les recettes liées à cette activité ont diminué de 67%. 

Les livraisons de repas sauvent (un peu) les meubles

Le confinement a profité néanmoins aux livraisons à domicile, principalement des repas. Ce segment de l'entreprise Uber a doublé ses revenus au second semestre, pour atteindre 1,2 milliard de dollars.

Du côté des chauffeurs de VTC, on est encore loin du niveau pré-pandémie. Mais "si les restrictions continuent ou sont de nouveau imposées, notre activité de livraisons va compenser", a assuré le patron Dara Khosrowshahi, lors d'une conférence téléphonique aux analystes.

En plus d'Uber Eats, la plateforme a racheté début juillet l'application de livraison de repas Postmates pour 2,65 milliards de dollars. Elle s'offre ainsi un plus grand choix de restaurants et de marchants et se renforce un peu plus. Elle se lance également dans les livraisons de courses, un marché qui explose, avec sa nouvelle filiale Cornershop. "Les consommateurs se sont rapidement habitués à la magie de voir arriver n'importe quel produit à leur porte en une demi-heure, comme la magie de la voiture qui se présente devant chez eux en quelques minutes", a remarqué Dara Khosrowshahi. 

Uber tente donc de se renouveler et de trouver de nouvelles sources de revenus. Mais cela ne l'a pas empêché de licencier environ un quart de ses employés au printemps et d'arrêter ses opérations dans de nombreux pays pour faire des économies.

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