Une enquête de 60 Millions de consommateurs réalisée avec l'Union nationale des associations familiales (Unaf) dénonce l'explosion des coûts facturés au client des banques dès qu'une autorisation de découvert est dépassée ou qu'un paiement est rejeté.

L'inégalité même dans les tarifs bancaires
L'inégalité même dans les tarifs bancaires © Maxppp / F SPEICH

Une enquête de l'association 60 millions de consommateurs révèle ce jeudi de véritables inégalités pour ce qui est des frais bancaires qui deviennent carrément punitifs, quand les comptes sont à découvert. Ce qui se voulait pédagogique ou dissuasif se transforme en grave injustice. 

Pour Christine, 53 ans, tout commence il y a trois ans par un licenciement économique. Elle n'avait rien venu venir, elle venait d'engager des travaux dans sa maison, son compte plonge alors dans le rouge et Christine se retrouve interdite de découvert. La suite est une spirale cauchemardesque de frais d'incidents bancaires. "De mois en mois je ne savais plus endiguer le mouvement" raconte-t-elle. "Des frais qui occasionnent des découverts, qui occasionnent de nouveaux frais, qui entraînent des blocages, des rejets, des classements banque de France. Un circuit infernal". 

Christine avait par exemple un découvert sur son compte de 10 euros. "Un chèque de 26 euros a été présenté", raconte-t-elle "il a été rejeté et la banque a prix 20 euros de frais au passage".

Pour Christine le montant total des frais bancaires se monte à 8 414 euros. Son compte lui coûte sept euros par jour explique-t-elle. Selon 60 millions de consommateurs, un client, fragile financièrement, paie en moyenne près de 300 euros de frais bancaires par an. C'est presque neuf fois plus qu'un client lambda. 

Un matraquage qui rapporte gros à l'industrie bancaire, dénonce Serge Maître, qui préside l'Association des usagers des banques : "Les banques font véritablement leur beurre sur ces tarifs. Lorsqu'on regarde leur comptabilité, les frais représentent plus de cinq milliards d'euro à l'année et près de 50% dans les bénéfices que les banques encaissent".

Des banques très imaginatives quand il s'agit des frais

Depuis la loi bancaire de 2013, les frais pour dépassement de découvert, qui comprennent notamment des agios plus sévères, sont plafonnés, de même que ceux pour rejets de paiements par chèque ou prélèvement.  Mais "les banques sont très imaginatives", regrette Morgane Lenain, membre du conseil d'administration de l'Unaf. "Chaque fois que le législateur plafonne un type de frais, (...) il y a un report sur un autre type".  Selon l'étude, le coût des lettres adressées par les banques à leurs clients en cas de dépassement du découvert peuvent varier entre 12 et 20 euros selon les établissements.

Les banques répondent qu'elles n'hésitent pas à rembourser certains frais. Affirmation que 60 millions de consommateurs nuancent sérieusement. Seul un gros tiers des clients touchés fait l'objet d'une rétrocession, le plus souvent sur des montants très faibles.

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