La feuille de route du gouvernement et des acteurs de la filière agro-alimentaire devrait être confirmée ce jeudi, avec la clôture des états généraux de l'Alimentation. Emmanuel Macron avait déjà pris une série d'engagements mi-octobre. Récapitulatif.

Emmanuel Macrin avait détaillé à Rungis mi-octobre les premiers éléments de la feuille de route 2018 sur l'Alimentation
Emmanuel Macrin avait détaillé à Rungis mi-octobre les premiers éléments de la feuille de route 2018 sur l'Alimentation © Maxppp / FRANCOIS MORI / POOL

Les états généraux de l'Alimentation s'achèvent ce jeudi et avec eux, le gouvernement a fort à faire pour 2018. Si une bataille de dernière minute subsiste autour des critères de la loi sur les prix alimentaires, une série de mesures doivent être prises pour obliger les transformateurs et la grande distribution à mieux baser les contrats sur les coûts de production et la feuille de route est déjà bien esquissée.

Mi-octobre, Emmanuel Macron avait annoncé, à mi parcours des états généraux, des ordonnances au premier semestre 2018 pour fonder les contrats entre les agriculteurs et leurs clients sur le coût de revient proposé par le producteur.

En cette fin d'année, alors que doivent avoir lieu des négociations commerciales entre les différents acteurs de la filière agro-alimentaire, le président de la République a demandé des contrats pluriannuels, de trois à cinq ans. Le gouvernement a également demandé aux différentes parties de respecter "l'esprit de la loi à venir" dans leurs négociations et décisions. A cette fin, le ministère de l'Agriculture avait fait signer une charte de bonne conduite mi-novembre, dont le contenu avait été critiqué par Coop de France et la FNSEA, le principal syndicat agricole, pour son efficacité. 

Plans par filière et montée en gamme autour du bio

Le point crucial sera la définition des coûts de production. Ils devraient à l'avenir être définis filière par filière grâce à l'élaboration d' "indicateurs de marché", le renforcement de l'Observatoire des prix et des marges et la mise en place de contrats type. Le rôle du médiateur des relations commerciales agricoles sera également renforcé.  

Pour limiter la guerre sur les prix bas, Emmanuel Macron s'est dit "favorable au relèvement du seuil de revente à perte (SRP) pour les produits alimentaires et à l'encadrement des promotions", mais pose ses conditions pour ne pas signer de "chèque en blanc". Côté carotte, le Président promet que ce seuil sera revu dès les ordonnances du premier semestre. Côté bâton, les producteurs devront conclure des plans de filières avec leurs partenaires commerciaux.

Ces plans de filières pourront, en fonction de la production concernée (lait, céréales, viande...) consister à s'engager à restructurer, à investir pour monter en gamme autour des labels de qualité, à s'orienter vers de nouveaux modes de commercialisation tels que les circuits courts ou la restauration collective. Sans oublier l'agriculture biologique, avec des objectifs chiffrés à 5 ans, dont 50 % de produits bio ou locaux dans la restauration collective en 2022.

Dans cette optique qualitative, Emmanuel Macron a redit comme pendant sa campagne, sa volonté de ne plus voir commercialisés en France que des œufs issus d'élevages en plein air à horizon 2022.

Côté négociations, Emmanuel Macron invite les agriculteurs à se structurer en inter-professions pour peser dans les négociations. Face aux inquiétudes sur d'éventuelles entorses au droit de la concurrence, le chef de l'État souhaite que l'Autorité de la concurrence puisse répondre aux demandes des inter-professions en expliquant le cadre légal précis. En matière de regroupement, les coopératives seront encouragées à faire preuve de plus de transparence dans la répartition de leurs gains à leurs adhérents. Elles devront également "séparer le conseil de la vente", afin de donner plus d'indépendance aux agriculteurs vis-à-vis des fabricants de pesticides.  

Le reportage de Michael Thébault :

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E EGAlimentation, mesures prix

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