Le cours du bitcoin a atteint un nouveau record en août à plus de 4 425 dollars. Les banques et les Etats s'intéressent de plus en plus à cette crypto-monnaie, qui leur échappe.

Les bitcoins peuvent  être échangés contre d'autres monnaies, des biens ou des services
Les bitcoins peuvent être échangés contre d'autres monnaies, des biens ou des services © AFP / Manuel Romano

Le bitcoin est un protocole d’échange d’une monnaie virtuelle qui n’appartient ni aux banques ni aux gouvernements : pas de change, pas de taxes, ni d’autorités financières.

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La monnaie a atteint son record le 16 août 2017, à 4 425,30 dollars. En 2011, son cours ne dépassait pas 1 dollar. Cet engouement s’explique par l’intérêt croissant de fonds d’investissement pour le bitcoin, puisque son cours ne dépend pas des autres monnaies et en fait donc une sorte de valeur refuge. La hausse de bitcoin est corrélée notamment au nombre de transactions quotidiennes sur le réseau.

Création du bitcoin en pleine crise financière

En 2008, en pleine crise financière mondiale, Satoshi Nakamoto, un Japonais naturalisé américain vivant en Californie, annonce le lancement du bitcoin. A l’époque, cette monnaie ne vaut rien. Derrière, il y a une philosophie libertarienne, une volonté d’échapper au contrôle de l’Etat.

Une monnaie décentralisée

Il n’y a ni banque centrale, ni institution pour gérer cette monnaie virtuelle. La seule chose qui fait son cours, c’est l’offre et la demande.

Le bitcoin a pris de la place dans certaines situations de crise économique. En Chine par exemple, dans un contexte de baisse du yuan, le bitcoin s’est énormément développé. Même chose en Argentine où la crise économique a mis à mal le système bancaire. Chaque choc sur une monnaie nationale provoque une augmentation de l’utilisation du bitcoin.

Reste que beaucoup de gens achètent du bitcoin sans vraiment savoir ce que cela signifie. Mais pour placer son argent dans le bitcoin, il faut comprendre le système et notamment la blockchain, le système de contrôle décentralisé.

Dans le protocole Bitcoin, on paie directement, en évitant les intermédiaires. Mais chaque transaction est confirmée par l'historique des transactions entre tous les blocs (blocks) du système. Et grâce à une chaîne cryptographique très sûre, le système est cadenassé. La blockchain, ce sont à la fois les « livres de comptes » et des coffres forts qui gardent la mémoire des transactions. Des transactions qui sont surveillées sur un réseau informatique par les « mineurs » (miners), les « petites mains » de la blockchain (voir ci-dessous).

La France est un peu en retard et la législation évolue lentement.

En 2013, l’Allemagne a donné au bitcoin le statut de monnaie privée pour taxer 25 % des bénéfices générés. Le bitcoin est désormais un moyen de paiement officiel au Japon. Les Etats tentent de contrôler cette crypto-monnaie, qui a servi à l’évasion fiscale dans des transactions frauduleuses.

60 milliards d'euros de bitcoin circulent dans le monde

Le bitcoin se porte bien. Aujourd'hui, l'équivalent de 60 milliards d'euros de bitcoins circulent dans le monde. Pour preuve, la crypto-monnaie a des concurrents, et notamment le bitcoin cash, apparu au cœur de l'été. Mais cette nouvelle monnaie virtuelle a plutôt profité au bitcoin puisque, le 16 août, son cours atteignait les 4 425 dollars.

Le bitcoin, créé en 2008, a vu sa valeur multipliée par 7 en un an.
Le bitcoin, créé en 2008, a vu sa valeur multipliée par 7 en un an. / DR
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