En 2017, seulement 178 transactions douteuses ont été remontées par des agents immobiliers à Tracfin, la cellule en charge de lutter contre le blanchiment d'argent. Une part infime des 70 000 signalements reçus dans l'année par le Ministère des Finances, qui invite les acteurs du secteur à plus de vigilance.

Ministère des finances
Ministère des finances © Radio France / Pline

Ce mardi 6 novembre, les acteurs du secteur immobilier étaient réunis à Bercy. Ils avaient rendez-vous avec les services de Tracfin, chargés de la lutte contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et le crime organisé. Avec un objectif : mieux travailler ensemble pour faire remonter un maximum de transactions suspectes. Comme un acheteur qui proposerait de régler l'intégralité d'une acquisition en espèces.

En 2017, les agents immobiliers ont alerté Tracfin à 178 reprises, soit 0,25% des 70 000 signalements reçus par la cellule. En comparaison, les banques et les assurances représentent 80% des déclarations de soupçon de transactions suspectes. Mais Fabrice Abraham, directeur général des agences Guy Hoquet, rappelle que le secteur a progressé dans ce domaine : "Il y a eu 35 signalements en 2015, et nous sommes passés à 178 en 2017. C'est une nette progression, même si c'est insuffisant comparé au nombre de signalements des notaires, qui dans le même temps en font entre 1 300 et 1 400.

Ces signalements sont effectués de manière anonyme et ne mettent pas en péril les transactions effectuées par les agents immobiliers. Impossible donc selon Fabrice Abraham d'imaginer que certains d'entre eux puissent hésiter à effectuer une déclaration à Tracfin : "Rien n'est porté à la connaissance du client. L'agent n'a aucun intérêt financier à ne pas effectuer le signalement !"  

Un manque de formation chez certains agents

Les professionnels du secteur reconnaissent que les agents immobiliers sont parfois insuffisamment formés. Même si les réseaux importants assurent mettre tout en oeuvre pour combler les manques, comme l'affirme Laurent Vimont, président de Century 21 : "Il y a un turnover important dans le secteur. Donc il faut former, reformer en permanence les effectifs. Mais nous allons intégrer dans nos formations une partie spécifique sur Tracfin pour que nos agents aient une connaissance intime du dispositif." Une formation d'autant plus nécessaire que les agents immobiliers qui n'effectueraient pas de déclaration lors d'une transaction suspecte risquent gros : jusqu'à cinq millions d'euros d'amende et une interdiction d'exercer le métier.

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