En marge du sommet du G7 à Bruxelles, François Hollande a estimé mercredi que des sanctions disproportionnées de la justice américaine contre la banque BNP Paribas pourraient avoir des conséquences sur les relations entre la France et les Etats-Unis.

Je suis également informé de ce qu'est la justice américaine, je la respecte, elle est indépendante, mais en même temps nous avons des relations entre les Etats-Unis et la France, un partenariat, et rien ne doit pouvoir le compromettre. Nous sommes aussi engagés dans d'autres discussions et nous attendons la réciprocité et le respect. Nous sommes dans des négociations, c'est vrai, nous avons de bons rapports avec les Etats-Unis et nous souhaitons les garder

François Hollande doit s'entretenir de cette question avec Barack Obama jeudi soir à Paris lors d'un dîner de travail.

10 milliards de dollars d'amende

La BNP menacé d'une amende record
La BNP menacé d'une amende record © Sebastien JARRY/MAXPPP / Sebastien JARRY/MAXPPP

La pénalité qui vise BNP pourrait atteindre 10 milliards de dollars (7,3 milliards d'euros) et la banque pourrait aussi se voir interdire temporairement de régler des transactions en dollars, une décision qui inquiète particulièrement les autorités françaises.

François Hollande n'a pas évoqué spécifiquement la nature des sanctions qui menacent la banque mais a averti qu'elle pourraient avoir des "conséquences économiques et financières sur l'ensemble de la zone euro".

BNP Paribas indique pour l'heure être en discussions avec les autorités américaines au sujet de "certains paiements en dollars US impliquant des États ou des personnes morales ou physiques qui pouvaient être soumises à des sanctions économiques édictées par les lois des Etats-Unis". La banque a déclaré que la pénalité qu'elle pourrait devoir payer pourrait "excéder très significativement" la provision de 1,1 milliard de dollars déjà constituée dans ses comptes fin 2013. Elle a également précisé avoir fait évoluer son dispositif de contrôle afin de s'assurer qu'une telle situation ne se reproduise pas. Selon le Wall Street Journal, la banque française songerait en outre à se séparer de certains de ses dirigeants pour apaiser la justice américaine.

La BNP n'est pas irréprochable

Selon l'enquête américaine, la BNP Paribas réalisait des transactions en dollars avec des pays sous embargo via sa filiale de négoce à Genève.La banque passait par d'autres pays, pour maquiller le destinatair e, une fraude déjà punie par la direction, une trentaine d'employés sanctionnés, certains licenciés.

Tout se serait fait à l'insu des dirigeants , une affirmation qui laisse sceptique certains spécialistes. Quoiqu'il en soit, les autorités françaises ne contestent pas le principe des sanctions . Elles les souhaitent simplement proprotionnées et insistent sur la taille de la BNP, son importance dans le système financier. C'est une position risquée estime une économiste : personne ne sait exactement ce que ces milliards ont financé. Absurde martèle un banquier d'affaire new yorkais.

Même avec une amende de 10 milliards, la banque ne risque pas la faillite et si sa licence pour exercer outre-atlantique était suspendue, ce serait provisoire. Ce banquier dénonce des relations incestueuses entre le gouvernement français et ses banques. Faux répond l'exécutif. Il se défend de s'immiscer dans le volet judiciaire. Il s'agit simplement de maintenir un système bancaire stable, où les banques font crédit. Bref en soutenant la BNP, le gouvernement défendrait dit-il l'économie, la croissance et l'emploi.

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