Des mugs qui devaient être vendus ce week-end dans la boutique-souvenirs de l'Élysée étaient estampillés "Porcelaine de Limoges" alors qu'ils ne respectaient pas les critères de l'IGP. Ils ont été remplacés avant livraison.

Les mugs ont été remplacés avant l'ouverture de la boutique et sont désormais estampillés "porcelaine de France", une mention qui n'est pas soumise aux règles des IGP.
Les mugs ont été remplacés avant l'ouverture de la boutique et sont désormais estampillés "porcelaine de France", une mention qui n'est pas soumise aux règles des IGP. © Capture d'écran https://boutique.elysee.fr/

"C'est croquignolesque", s'amuse Alain Mouly, président de l'Union des fabricants de porcelaine de Limoges et président de l'organisme de défense et de gestion de l'indication géographique protégée (IGP). Alors que l'Élysée lance ce samedi sa boutique-souvenirs, pendant les journées européennes du patrimoine, l'Union des fabricants a dévoilé que, parmi les produits dérivés du Palais, ont bien failli se trouver des mugs estampillés "Porcelaine de Limoges" alors qu'ils ne respectaient pas les critères de l'IGP.

Alain Mouly a indiqué avoir été alerté fin août, lors d'une réunion, avant la livraison des produits à l'Élysée. "Tout le monde a ri", raconte-t-il. "Il y a bien longtemps qu'aucun porcelainier ne fabrique plus de mugs. Le produit revient trop cher, ne se vend pas et ça ne correspond pas au créneau de la porcelaine de Limoges. La plupart des mugs sont aujourd'hui fabriqués en Asie."

"Nous n'étions pas au courant pour l'IGP"

Fournis par Mug in France, marque basée en Dordogne, les mugs fautifs ont été aussitôt remplacés et ne se retrouvent donc pas parmi les produits dérivés mis en vente ce week-end. "Nous n'étions pas au courant pour l'IGP. Dès qu'on a appris la nouvelle, nous avons détruit les mugs concernés, s'est défendu Jean-Charkes Granchamp, créateur de Mug in France. Aucun n'avait été envoyé à l'Elysée et nous avons effectué les modifications."

Ces mugs, dont le lieu de fabrication n'a pas été précisé et qui ont été décorés dans les environs de Toulouse, ne peuvent effectivement pas bénéficier de l'appellation, puisque l'IGP prévoit qu'ils doivent être "entièrement fabriqués et décorés à Limoges ou en Haute-Vienne".

Alain Mouly a toutefois souligné la négligence de l'Élysée : "L'État délivre des labels de protection et n'exerce lui-même aucun contrôle sur les fournitures qu'il achète. C'est un peu léger."

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