Xavier Niel, fondateur d'Iliade
Xavier Niel, fondateur d'Iliade © IP3 PRESS/MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

Bouygues Telecom a confirmé dimanche être entré en négociations exclusives avec son concurrent Free (Iliad ) en vue de lui céder son réseau mobile ainsi qu'un portefeuille de fréquences.

La transaction, dont le montant pourrait atteindre jusqu'à 1,8 milliard d'euros, est conditionnée au rachat par Bouygues de l'opérateur SFR dont la maison mère Vivendi cherche à se séparer, ont précisé les deux groupes dans des communiqués distincts, confirmant des informations du Journal du Dimanche.

La filiale de Bouygues prévoit de vendre à Iliade la totalité de ses 15 000 antennes ainsi qu'un ensemble de fréquences mobiles dans le cadre d'une transaction dont le montant pourrait atteindre 1,8 milliard d'euros.

SFR est également convoité par le câblo-opérateur Numericable qui a remis à Vivendi une offre concurrente à celle proposée par Bouygues. Le PDG de Bouygues Martin Bouygues s'est dit satisfait :

Je me félicite de cet accord permettant de présenter à l'Autorité de la concurrence un projet de fusion entre SFR et Bouygues Telecom assorti désormais de mesures assurant une forte concurrence par les infrastructures sur le marché français de la téléphonie mobile.

Iliad a de son côté précisé qu'il financerait l'opération avec ses ressources propres et bancaires, sans recours à une augmentation de capital.

A travers cet accord, Bouygues anticipe les probables réticences de l'Autorité de la concurrence face au projet SFR-Bouygues qui aurait pour conséquence de réduire le nombre d'opérateurs mobiles en France. Les obstacles concurrentiels étaient considérés par plusieurs analystes comme l'une des principales faiblesses du dossier Bouygues face à celui de Numericable, qui ne possède pas de réseau mobile.

Un vrai jeu de domino : comprendre les enjeux de cette possible transaction avec Véronique Julia

Montebourg penche pour l'offre de Bouygues sur SFR

Le secteur français de la téléphonie mobile sera plus fort s'il revient à trois opérateurs, estime Arnaud Montebourg, qui marque ainsi son soutien au projet de fusion de Bouygues Telecom avec SFR. Dans une interview au Parisien Dimanche, le ministre du Redressement productif souligne la nécessité, "dans le désordre européen, d'augmenter la taille de nos acteurs pour qu'ils soient capables de participer à la consolidation européenne et pas d'en être victimes" :

Exemple : Deustche Telekom, Telefonica et Vodafone sont plus gros qu'Orange. En clair, si on revient à trois, on est plus fort que si on subsiste à quatre!

Arnaud Montebourg concède que l'objet de son interview est de "faire monter les enchères" sur le dossier SFR. Outre le groupe de BTP et de communication Bouygues, le câblo-opérateur Numericable, filiale de la société Altice, a lui aussi soumis une offre à Vivendi pour lui racheter SFR, sa filiale télécoms.

La concurrence par la destruction s'arrêtera si nous revenons à trois opérateurs mobiles tout en maintenant des prix bas [...] Elle ne s'arrêtera pas si Numéricable conquiert SFR, puisque la concurrence restera à quatre dans le mobile. Et, au final, soit Free soit Bouygues sera à ramasser à la petite cuillère avec des milliers d'emplois perdus.

Le ministre fixe une "ligne rouge" pour les candidats au rachat : "Ce sera zéro plan social, zéro plan de départs volontaires, zéro licenciement". "Et engagement de patriotisme économique, c'est-à-dire cotation à la Bourse de Paris, siège social en France, recherche et developpement en France, relocalisation de call-centers et achat des équipements télécoms chez le français Alcatel".

Je demande donc à voir. Mais nous souhaitons déjà que les candidats améliorent ces offres au regard de nos exigences.

Yves Gassot est directeur Général de l'IDATE, un Think tank, un centre d'analyse des telecoms et des nouvelles technologies. il est l'invité de Philippe Abiteboul dimanche dans le journal de 13h.

Cette consolidation, tout le monde l'attendait [...] Il est très probable qu'on en revienne à une concurrence à trois.

Bouygues vend son réseau à Free pour s'emparer de SFR
Bouygues vend son réseau à Free pour s'emparer de SFR © Radio France
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