Le gouvernement britannique souhaite négocier un accord d'union douanière avec l'Europe d'environ deux ans après le Brexit. Mais, pour l'UE, d'autres questions sont prioritaires.

Le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, souhaite que l'accord douanier entre l'UE et le Royaume-Uni soit prolongé de deux ans après la sortie du pays de l'Europe.
Le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, souhaite que l'accord douanier entre l'UE et le Royaume-Uni soit prolongé de deux ans après la sortie du pays de l'Europe. © AFP / Michal Cizek

Si le Royaume-Uni ne quittera officiellement l’Union Européenne, et donc le marché unique, qu’en mars 2019, Londres souhaite déjà assurer ses arrières économiques. En effet, le gouvernement britannique aimerait que soit mis en place un accord d’union douanière temporaire avec l’UE, qui prolongerait la libre circulation des marchandises entre les deux blocs, pour une période d’environ deux ans après le Brexit. Il souhaiterait aussi, durant cette période, pouvoir négocier des accords bilatéraux avec des pays tiers, ce que l’adhésion du pays à l’union douanière interdit.

Pour le ministre britannique chargé du Brexit, David Davis, une telle décision permettrait "une transition en douceur", avec la volonté de rassurer le monde économique. Le patronat, outre-Manche, par la voix de Josh Hardie, directeur adjoint de la principale organisation d’employeurs, juge cette proposition "encourageante. Le temps passe et ce qui importe maintenant, c'est de donner aussi rapidement que possible aux entreprises la confiance nécessaire pour continuer à investir", a-t-il déclaré.

L’Union Européenne n’abordera pas la question dans l’immédiat

Mais la commission européenne a froidement accueilli cette proposition. Elle a notamment rappelé qu’avant toute négociation commerciale, trois sujets devaient être traités de manière prioritaire. Il s’agit du sort des citoyens de l’UE au Royaume-Uni et des questions de la facture de sortie, ainsi que celle de la frontière entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, province britannique. "Plus vite le Royaume-Uni et l'UE à 27 s'accordent sur les citoyens, le solde des comptes et l'Irlande, plus vite nous pouvons discuter douanes et relation future", a résumé sur Twitter le Français Michel Barnier, négociateur européen chargé du Brexit. Londres rendra d’ailleurs publique mercredi sa position sur la frontière irlandaise.

L'eurodéputé belge Guy Verhofstadt a, de son côté, qualifié sur Twitter de "fantasme" cette volonté "d’être dedans et en dehors de l'union douanière". Le député travailliste d’opposition Chris Leslie, partisan d’un maintien du Royaume-Uni dans l’UE, trouve lui "fantaisiste de prétendre que nous pouvons avoir les échanges commerciaux les plus libres possible et sans conflit avec notre premier partenaire, alors que le gouvernement reste déterminé à sortir le Royaume-Uni de l'union douanière."

L’ex-chef de cabinet de David Davis se lâche

Parallèlement aux propositions de David Davis, son ex-chef de cabinet a lancé une série de tweets assassins mardi. James Chapman, qui a exercé ses fonctions auprès du ministre du référendum du référendum du 23 juin 2016 à juin 2017, n’a pas été tendre. James Chapman assure que David Davis "travaille trois jours par semaine depuis le début" et "ment sur le Brexit". "Lui et la Première ministre (Theresa May) n'ont aucune idée de ce qu'ils sont en train de faire".

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