paris maintient le cap sur les déficits avant le verdict de bruxelles
paris maintient le cap sur les déficits avant le verdict de bruxelles © reuters

La Commission européenne a validé le projet de budget 2014, un projet toujours pas voté. Bruxelles apporte toutefois quelques bémols, en soulignant notamment le manque de marge de manœuvre et de réformes structurelles importantes.

Le gouvernement français a estimé par la voix du ministre du Budget que cet avis validait sa stratégie, alors que le pays est sous une forte pression internationale pour se réformer.

L'exécutif européen s'exprimait pour la première fois sur les projets de budget de 13 pays de la zone euro qui ne sont pas sous assistance financière, avant leur vote par les parlements nationaux.

"La Commission estime que le projet de budget est conforme aux règles du Pacte de stabilité et de croissance, sans toutefois de marge", estime-t-elle.

La Commission ajoute que les projets communiqués par la France pour conforter ses engagements ne comportent que "des progrès limités" sur le plan des réformes structurelles.

Pour l'eurodéputé Jean-Paul Gauzès (UMP), il ne faut pas crier victoire trop vite.

Le projet de budget de la France pour 2014 prévoit de ramener le déficit public de 4,1% du PIB fin 2013 à 3,6% fin 2014 par un effort de 15 milliards d'euros d'économies par rapport à la tendance et 3 milliards de hausse des prélèvements.

La France prévoit de remplir son engagement de ramener son déficit sous 3% du PIB fin 2015 en atteignant 2,8% à cet horizon par un effort qui sera essentiellement constitué d'économies.

"Il faut persévérer dans les réformes entamés avec un double objectif : relever le potentiel de croissance et créer plus d'emplois car le chômage reste à un niveau très préoccupant", a déclaré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, lors d'une conférence de presse.

"La poursuite de ces réformes de façon déterminée est fondamentale pour relancer la confiance dans l'économie française et aller à l'encontre de ceux qui laissent planer des doutes sur sa capacité à améliorer sa compétitivité, générer une croissance soutenue et créer des emplois", a-t-il ajouté.

Les doutes de la commission

Dans sa recommandation aux ministres des Finances de l'UE sur le programme de partenariat économique présenté le 1er octobre dernier par la France, une obligation pour un pays en déficit excessif, la Commission est plus précise.

Elle juge que la réforme des retraites présentée par le gouvernement "réduira le déficit du système des retraites mais ne suffira pas à l'éliminer d'ici 2020".

L'exécutif européen regrette que les régimes spéciaux et ceux de la fonction publique présenteront "un déficit significatif à cette date" et que les scénarios macro-économiques dans ce domaine restent "trop optimistes".

Il émet des doutes sur la possibilité de traduire la réduction des dépenses publiques en "économies importantes" et sur la persistance du mille-feuilles administratif.

Pour la Commission, les récentes hausses d'impôts semblent être contradictoires avec les engagements pris et "créent de l'incertitude sur la stratégie du gouvernement".

Les précisions complètes de Pierre Bénazet.

Stratégie validée, pour le gouvernement

Elle réclame à la France plus d'explications sur la maîtrise des dépenses de santé, la réforme des retraites, ainsi que la réduction du coût du travail.

L'avis de la Commission a été salué à Paris, qui est actuellement sous une forte pression aussi bien nationale qu'internationale pour accentuer des réformes structurelles afin de stimuler la croissance et l'emploi.

"L'avis rendu ce matin par la Commission européenne sur le budget 2014 valide notre stratégie budgétaire, et contrebalance sérieusement les remarques émises par Standard & Poor's la semaine dernière", estime le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, dans une tribune publiée dans Le Monde.

L'agence de notation a abaissé la note souveraine de la France à AA et sanctionné la politique de réformes structurelles à petits pas du président François Hollande. (voir )

Si la France échappe à la pression des marchés financiers, qui a obligé des pays comme l'Italie ou l'Espagne à des réformes, certains de ses partenaires européens et des institutions internationales s'interrogent sur la volonté réformatrice de l'exécutif, dont la popularité s'esf effondrée.

Dans un rapport publié jeudi, l'OCDE a invité la France à changer pour sauver son modèle social, proposant des réformes pour l'érosion de sa compétitivité et améliorer l'emploi.

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