Philippe a 35 ans d'ancienneté dans les télécommunications, Clémentine est embauchée depuis 3 ans. Regard d'un ancien salarié et d'une plus jeune sur la suppression de postes chez Nokia à Lannion.

Un millier de manifestants à Paris contre la fermeture du site Nokia de Lannion.
Un millier de manifestants à Paris contre la fermeture du site Nokia de Lannion. © Radio France / Jean-François Fernandez

Ils avaient manifesté samedi dernier dans les rues de Lannion, dans les Côtes-d'Armor, contre l'annonce de suppression de postes sur le site Nokia de la ville. Ce mercredi matin, les salariés sont partis tôt en TGV pour venir manifester à Paris. Arrivés à la gare Montparnasse dans la matinée, les Nokia ont pris la direction des Invalides. Banderoles, slogans, une multitude de couleur dans ce défilé. Au total, ils étaient un millier. 

Philippe, 35 ans dans les Telecom à Lannion.
Philippe, 35 ans dans les Telecom à Lannion. © Radio France / Jean-François Fernandez

Philippe est un ancien, dans les télécoms depuis 35 ans. Il a débuté chez LTT, devenu CIT Alcatel, et de reprise en reprise, c'est aujourd'hui le logo de Nokia qui flotte sur le site.  

Pour lui, c'est un gâchis terrible de stopper net un tel savoir-faire sur l'autel de la rentabilité. "De projets en projets, d'expérience en expérience on a construit à Lannion une bibliothèque, qui est en fait une réserve de connaissances et de compétences. Elle est transmise de génération en génération, et là on jette tout". Et Philippe, plutôt pessimiste, pense que ce n'est qu'une première vague.

Clémentine, 3 ans d'ancienneté chez Nokia à Lannion.
Clémentine, 3 ans d'ancienneté chez Nokia à Lannion. © Radio France / Jean-François Fernandez

Clémentine, jeune femme, a elle fait ses études dans les télécommunications. Embauchée il y a 3 ans, Clémentine espérait faire sa carrière à Lannion. Celle qui travaille sur la 5G ne comprend pas cette décision de Nokia de sacrifier le site :

"On n'est qu'au tout début de la 5G, il y a énormément de travail, ça va arriver en France prochainement. Si on perd tout le monde, on n'y arrivera jamais. On ne veut pas perdre ce savoir-faire de travailler sur les télécoms, à Lannion on ne veut pas le perdre".

Manifestation aux invalides contre la fermeture du site Nokia de Lannion.
Manifestation aux invalides contre la fermeture du site Nokia de Lannion. © Radio France / Jean-François Fernandez

L'équipementier des télécoms finlandais Nokia prévoit de supprimer l'année prochaine 402 postes à Lannion et 831 à Nozay (Essonne). Une politique que ne comprennent pas les salariés bretons. Depuis plusieurs années, Nokia misait justement sur la jeunesse avec de nombreuses embauches de jeunes salariés, qui jamais n'imaginaient Nokia abandonner Lannion.

Manifestation aux invalides contre la fermeture du site Nokia de Lannion.
Manifestation aux invalides contre la fermeture du site Nokia de Lannion. © Radio France / Jean-François Fernandez

Depuis cinquante ans, Lannion est un pôle de recherche en télécoms d'envergure internationale. À une époque où le téléphone portable et internet n'existaient pas encore, c'est en Bretagne que s'inventaient les télécommunications de demain.

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