Les producteurs de camembert de Normandie AOP demandent l'interdiction de l'étiquetage "fabriqué en Normandie" apposé sur le camembert fabriqué par les industriels qui ne respectent pas les critères fixés pour la production de camemberts d'appellation d'origine contrôlée.

Les producteurs de camembert de Normandie AOP dénoncent la mention "fabriqué en Normandie" apposée sur des fromages qui ne respectent en rien les critères de l'appellation d'origine contrôlée.
Les producteurs de camembert de Normandie AOP dénoncent la mention "fabriqué en Normandie" apposée sur des fromages qui ne respectent en rien les critères de l'appellation d'origine contrôlée. © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

"De Normandie" ou "fabriqué en Normandie", les consommateurs ne font peut-être pas la différence mais pour les producteurs de camembert de Normandie d'appellation d'origine contrôlée (AOP), cette deuxième notion est trompeuse.

Ce mercredi, ils ont rendez-vous à l'Institut national de l'origine et de la qualité, l'Inoa, pour demander l'interdiction de la mention "fabriqué en Normandie".

L'enjeu est de taille, alors ils ont obtenu le soutien de leurs collègues d'autres appellation protégées : Beaufort, Comté, Saint-Nectaire, mais également des vins notamment du Médoc. Car si effectivement les industriels continuent à utiliser le nom Normandie, ce serait un précédent qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour les autres produits régionaux protégés. 

Fromage industriel vs AOP

Le camembert "fabriqué en Normandie" n'a pas grand chose à voir avec le camembert "de Normandie". Si l'un désigne simplement un fromage industriel produit dans une usine localisée en Normandie, l'autre répond à de nombreuses caractéristiques essentielles pour bénéficier de l'AOP.

Pour avoir l'appellation, le camembert doit forcément être fait à base de lait cru et de lait de vaches normandes nourries dans les prés normands plus de 6 mois de l'année. Et non pas avec un lait venu de partout ailleurs, pasteurisé, c'est à dire chauffé à plus de 60°, et simplement transformé dans une usine normande. 

Mais pour l'instant, les deux affichent sur leurs étiquettes "Normandie". C'est, non seulement une concurrence déloyale puisque l'AOP coûte plus cher, mais c'est aussi trompeur pour le consommateur, deux arguments qu'avancent les producteurs qui espèrent avoir gain de cause à l'Inao.

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