Siège de Canal+ à Issy-les-Moulineaux
Siège de Canal+ à Issy-les-Moulineaux © MaxPPP / Vincent Isore

Dans ses résultats pour les neuf premiers mois de 2015, la maison-mère Vivendi révèle que sa chaîne Canal Plus et son bouquet CanalSat ont perdu 338 000 abonnements en un an. Victimes de la concurrence de nouveaux services, les deux cryptées doivent-elles craindre le crash ?

Il n'y a pas que sur les écrans de télé que la crise de Canal Plus est visible. On la voit aussi sur les rapports financiers.Dans les points positifs, Vivendi souligne que le groupe Canal+ affiche un portefeuille global de plus de 15 millions d'abonnements ... Mais ils sont surtout dûs aux bons résultats en Afrique et au Vietnam, et à la bonne santé du service de VOD CanalPlay (concurrencé depuis un an par Netflix). La chaîne "traditionnelle" Canal Plus peine, elle, à garder ses abonnés. Le nombre de souscriptions a certes légèrement augmenté au troisième trimestre, mais elle est nettement inférieure aux résiliations. Selon Le Figaro, le taux de désabonnement atteint désormais 14,9 %.

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En décalage avec la concurrence

La faute à "un environnement économique et concurrentiel difficile", selon Arnaud de Puyfontaine, le président du directoire de Vivendi, qui assure que le groupe va "remettre le client au coeur de la stratégie", en accroissant "la valeur de ces offres, en particulier par des investissements dans des services et des contenus exclusifs et différenciants".

La faute aussi à des tarifs qui semblent ne pas s'être adaptés aux exigences de l'époque . Aujourd'hui, un abonnement à Canal Plus coûte 40 euros par mois (60 avec un abonnement CanalSat en plus). En face, pour des services certes plus ciblés mais similaires, BeIN Sports propose un abonnement à 13 euros, Netflix à 9 euros.

Vivendi assure qu'il continuera à mettre de l'argent dans le décodeur. Il a notamment annoncé un investissement de 300 millions d'euros pour 26 % d'un producteur de programmes télévisuels (issu du rapprochement entre Banijay et Zodiak). Mais la télé n'est plus reine : Vivendi a mis la même somme pour grignoter un peu plus les géants du jeu vidéo Ubisoft et Gameloft.

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