Carlos Ghosn, PDG de l'alliance Nissan-Renault-Mistubishi, l'un des plus grands patrons d'industrie au monde, a été arrêté lundi à Tokyo (Japon) pour des soupçons de malversations financières. Voici minute par minute (heure de Paris) le fil de l'affaire.

Le PDG de Nissan-Renault-Mitsubishi, Carlos Ghosn.
Le PDG de Nissan-Renault-Mitsubishi, Carlos Ghosn. © AFP / Vanderlei Almeida

Le président directeur général de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi, Carlos Ghosn, a été interpellé lundi à la sortie de son jet privé à l'aéroport de Tokyo Haneda. Il est toujours en garde à vue dans un centre de détention de Tokyo pour soupçons de dissimulation de revenus. Très rapidement, Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, s'est désolidarisé du dirigeant franco-libano-brésilien mentionnant le comportement “inacceptable” de Carlos Ghosn ; le conseil d'administration du constructeur japonais doit se réunir jeudi. Mardi soir, le conseil d'administration de Renault n'a pas souhaité le limoger invoquant la présomption d'innocence. Carlos Ghosn devrait rester en détention jusqu'au 30 novembre, selon la presse japonaise.

© AFP / Sabrina BLANCHARD, Paz PIZARRO, Jean Michel CORNU, Aude GENET

Le fil de l'affaire

Jeudi, 08h59 - Sur franceinfo, Benoît Hamon, ancien candidat à la présidentielle de 2017 et fondateur du mouvement Génération-s, affiche une position sévère sur l'affaire Ghosn : "Ne me demandez pas de verser une larme pour lui. Les faits qui sont sur la table sont suffisamment graves pour que, s'ils sont avérés, Carlos Ghosn soit puni et lourdement puni, observe-t-il, je n'ai aucune indulgence à l'égard de ces comportements-là. La délinquance en col blanc, je suis pour qu'on la punisse très sévèrement."

Jeudi, 08h45 - Le parquet de Toyko refuse de dire à la presse si Carlos Ghosn a reconnu les faits de fraude financière qui lui sont reprochés. Il confirme également que la justice a approuvé la détention de 10 jours. 

Jeudi, 8h00 - C'est aujourd'hui que le conseil d'administration de Nissan doit prendre une décision sur l'avenir de Carlos Ghosn à sa tête. Hiroto Saikawa, actuel directeur général du constructeur japonais, pourrait prendre la succession du franco-libano-brésilien. C'est lui qui, lundi, avait rapidement communiqué sur la situation de l'entreprise. 

Mercredi 19h18 - Un actionnaire individuel de Renault porte plainte pour "abus de bien social" et "diffusion de fausse information" contre Carlos Ghosn. Il souhaite obtenir des réparations pour la chute du titre du constructeur automobile français après l'arrestation de Ghosn. 

Mercredi,  13h00 - Dans le journal de 13 heures, le journaliste économique Yann Rousseau, correspondant au Japon du journal Les Échos racontait sur France Inter les conditions de détention de Carlos Ghosn : "Il n’a droit ni à un email ni à un coup de fil. Il peut seulement demander à la police de contacter pour lui un avocat". Il y a "un certain nationalisme au sein du pouvoir politique japonais, a également précisé Yann Rousseau. Aujourd’hui, Nissan voit d’un mauvais œil le pouvoir de Renault dans son capital (43 %). Donc il y a un bras de fer permanent entre Paris et Tokyo, sur l’équilibre des pouvoirs dans l’alliance Nissan-Renault-Mitsubishi. Ça a probablement joué dans la sévérité appliquée aujourd’hui à Carlos Ghosn".

Le centre de détention de Tokyo dans lequel est incarcéré Carlos Ghosn.
Le centre de détention de Tokyo dans lequel est incarcéré Carlos Ghosn. © Visactu /

Mercredi, 08h30 - Invité de France Inter, l'ancien ministre de l'Économie Thierry Breton a estimé que Carlos Ghosn a été l'objet d'une "arrestation d'une violence extrême" : "C'est extrêmement rare que dix personnes du bureau du procureur de Tokyo viennent attendre sur le tarmac de l'aéroport de Haneda un avion avec des caméras de télévision comme on a vu". Il a critiqué par ailleurs l'attitude du directeur général de Nissan après cet événement mais a salué celle de Renault qu'il a estimé "impeccable", soulignant aussi que Carlos Ghosn a été "un immense chef d'entreprise". 

Mercredi, 07h01 - Mercredi matin, le tribunal de Tokyo approuve la prolongation de la garde à vue de Carlos Ghosn, rapporte l'agence de presse japonaise Kyodo. Le patron de l'alliance Nissan-Renault-Mitsubishi Motors va rester en détention pendant 10 jours, soit jusqu'au 30 novembre. 

Mercredi, 03h18 - Selon le quotidien Asahi Shimbun, le groupe Nissan pourrait, en tant qu'entité morale, être lui aussi poursuivi par la justice japonaise. Selon le journal, si faute il y a, l'entreprise est aussi responsable. Cette information n'a pas été confirmée par le bureau des procureurs de Tokyo ni par le constructeur japonais, précise l'Agence France Presse. 

Mardi, 21h56 - Comme prévu, un tandem composé de Philippe Lagayette, nommé président, et de Thierry Bolloré, promu mandataire social, vont diriger Renault. Néanmoins, le conseil d'administration de l'entreprise n'a pas souhaité destituer officiellement Carlos Ghosn de ses fonctions de PDG, invoquant la présomption d'innocence. Philippe Lagayette prendra la présidence non exécutive de Renault tandis que Thierry Bolloré sera chargé de la direction opérationnelle, dans les deux cas à titre intérimaire.

Mardi, 16h20 - Renault veut "poursuivre la consolidation de l'alliance" avec Nissa et Mitsubishi, explique le constructeur dans un communiqué publié sur son site internet. "Toutes les procédures de gouvernance sont opérationnelles, permettant au Groupe Renault de poursuivre le cours normal de son activité industrielle et commerciale", précise le texte. 

Le communiqué de presse de Renault.
Le communiqué de presse de Renault. © Radio France /

Mardi, 15h00 - La France et le Japon réaffirment leur volonté de maintenir l'alliance Renault-Nissan. Les ministres de l'économie des deux pays, Bruno Le Maire et Hiroshige Seko, ont échangé lors d'une conversation téléphonique leur volonté commune de soutenir le lien entre les deux constructeurs

Mardi, 14h25 - Le conseil d'administration de Renault doit se réunir mardi soir pour organiser la gouvernance du groupe. devrait confier, selon l'AFP, les rênes de l'entreprise à un tandem intérimaire formé par l'administrateur référent Philippe Lagayette et le numéro deux du groupe, Thierry Bolloré. 

Mardi, 12h04 - Le directeur général de Mitsubishi Motors, Osamu Masuko, dit que l'alliance des constructeurs automobiles Renault, Nissan et Mitsubishi "sera difficile à gérer sans Carlos Ghosn".

Mardi, 10h26 - L'action Renault s'enfonce encore un peu plus à la Bourse de Paris : moins 4 % à 56,69 euros. 

Mardi, 09h22 - Un porte-parole de Renault annonce que le conseil d'administration du constructeur va se réunir "dans la journée" mardi. 

Mardi, 08h36 - Invité de franceinfo, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a indiqué vouloir demander la mise en place d'une direction intérimaire pour Renault. "Carlos Ghosn n'est plus en état de diriger le groupe", estime le ministre, qui ne demande pas le départ formel du PDG du conseil d'administration. Au passage, Bruno Le Maire a indiqué que des vérifications ont été faites lundi par Bercy et qu'il n'y a "rien de particulier à signaler", "aucune preuve" de fraude fiscale identifiée en France.

Mardi, 07h17 - La CGT a appelé ce mardi l'État français à "remettre sur la table la stratégie de Renault". Si les faits sont avérés, exprime Fabien Gâche, délégué central CGT à Renault au micro de franceinfo, "il est bien évident que Carlos Ghosn ne peut plus diriger une entreprise comme Renault".

Mardi, 07h14 - La chute des actions Nissan et Mitsubishi confirmée à la clôture de la Bourse de Tokyo. Au lendemain de l'arrestation de Carlos Ghosn, les titres enregistrent un recul respectif de 5,45 % et 6,84 %, soit 950,7 yens et 680 yens (7,38 et 5,28 euros selon le taux de change en vigueur).

Mardi, 02h01 - Le parquet de Tokyo a confirmé la garde à vue de Carlos Ghosn pour des soupçons de dissimulation de revenus. Selon un communiqué, le dirigeant âgé de 64 ans "a conspiré pour minimiser sa rétribution à cinq reprises entre juin 2011 et juin 2015". La somme de 4,9 milliards de yens (environ 37 millions d'euros au cours actuel) a été déclarée aux autorités fiscales alors que le PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi a gagné près de 10 milliards de yens sur la période, a expliqué le parquet.

Mardi, 01h11 - Moins de 24 heures après l'arrestation de Carlos Ghosn, l'action chute encore de plus de 6 % à Tokyo. Vers minuit GMT, le titre Nissan tombait à 940 yens, soit une baisse de 6,5 %, quand celui de Mitsubishi dégringolait de 6,8 %, à 680 yens.

Lundi, 18h11 - À son tour, Mitsubishi annonce à son tour son intention de démettre Carlos Ghosn de ses fonctions de président du conseil d'administration.

Lundi, 18h08 - La valeur Renault s'écroule de 8,43 % à 59,06 euros à la Bourse de Paris après l'arrestation de Carlos Ghosn. 

© Visactu

Lundi, 18h05 - Le syndicat CFE-CGC se dit "inquiet" pour l'avenir du constructeur automobile Renault et demande à la direction de l'entreprise de s'assurer "qu'il n'y ait pas de ruptre de la chaîne de management". "Il n'a plus sa place à la tête de Renault" estime un délégué syndical CGT sur franceinfo. 

Lundi, 16h25 - À Bruxelles, le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire affirme que "la première préoccupation" de la France est "la stabilité" de Renault et "la consolidation de l'alliance" entre le constructeur automobile français Renault et son partenaire Nissan. “Nous allons donc tout mettre en oeuvre (...) pour assurer la continuité opérationnelle et la stabilité de la gouvernance de Renault”.

Lundi, 15h30 - Dans un communiqué, Renault annonce la tenue “au plus vite” d’un conseil d’administration, dans l’attente d’informations précises.

Lundi, 14h05 - Dans la banlieue de Tokyo, Hiroto Saikawa, le PDG de Nissan s’exprime face aux journalistes et dénonce le comportement “inacceptable” de Carlos Ghosn. Il annonce qu'il proposera la mise à l’écart de Carlos Ghosn jeudi lors d’un conseil d’administration et assure que l’alliance avec Renault et Mitsubishi “ne sera pas affectée”.

Lundi, 13h22 - Emmanuel Macron fait une brève intervention sur le sujet, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. “Il est trop tôt pour se prononcer sur la réalité et la matérialité des faits sur lesquels je ne dispose pas d’éléments supplémentaires” dit-il. En tant qu’actionnaire, “l’État sera extrêmement vigilant à la stabilité de l’alliance et au groupe“ a ajouté le président de la République, assurant son “soutien” à tous les salariés du groupe.

Lundi, 12h36 - Deux agences de presse japonaises, Jiji et Kyodo, citées par Reuters, donnent des informations plus précises. Jiji explique que le PDG de Nissan a “sous-évalué de cinq milliards de yens sa rémunération de près de dix milliards”. Kyodo précise que cette pratique aurait “commencé en 2011 et duré plus de cinq ans”.  Greg Kelly, l’un des directeurs de Nissan a aussi été arrêté. 

L’agence précise aussi que c’est “sur dénonciation” d'un lanceur d'alerte que Nissan a mené une enquête interne de plusieurs mois. Les résultats, révélant le détournement de fonds de l'entreprise à des fins privées ainsi que la sous-déclaration de sa rémunération “ont été remis par le constructeur automobile au bureau du procureur”. 

Lundi, 12h00 - L'Élysée ne réagit pas aux informations concernant Ghosn, précise une source présidentielle à l'agence Reuters.

Lundi, 11h18 - Le quotidien conservateur Yomiuri, cité par l'agence Reuters, annonce “l’arrestation” de Carlos Ghosn. Le quotidien parle de “soupçons de malversations”. Le patron a été interrogé dès la sortie de son jet privé à l'aéroport de Haneda peu après 08H00 (16H00, heure de Tokyo), puis arrêté à Tokyo quelques heures après, selon Asahi Shimbun. Selon une source judiciaire citée par l'AFP, la garde à vue peut durer jusqu'à 23 jours au Japon mais il est possible d'être libéré avant sous caution.

Lundi, 10h06 - L'AFP fait une reprise sèche du journal Asahi Shimbun : "Le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi Carlos Ghosn était entendu par la justice lundi à Tokyo sur des soupçons de dissimulation d'une partie de son salaire au fisc, a rapporté le quotidien japonais Asahi Shimbun sur son site internet".

Lundi, 09h25 - Le journal Asahi diffuse un premier article en anglais. 

Le journal japonais Asahi annonce que Carlos Ghosn va être arrêté dans le cadre d'une procédure judiciaire pour fraude fiscale.
Le journal japonais Asahi annonce que Carlos Ghosn va être arrêté dans le cadre d'une procédure judiciaire pour fraude fiscale. / Capture d'écran

Lundi, 09h20 - Reuters émet un flash en français

Carlos Ghosn, PDG de Nissan, va être arrêté pour violation des règles commerciales (Journal japonais Asahi)

Lundi, 09h14 - Le bureau de Tokyo de Reuters reprend l'info d'Asahi dans une dépêche en anglais

Lundi, avant 09h14 - Le quotidien japonais Asahi Shimbun annonce dans un article en japonais que Carlos Ghosn devrait être arrêté dans le cadre d'une procédure judiciaire diligentée contre lui pour fraude fiscale.

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