Selon des associations de consommateurs, au moins 300 000 dossiers de cartes grises ne sont toujours pas traités à la mi-mars, après la mise en place d'une procédure par Internet. Si les automobilistes sont mécontents, la situation est encore plus difficile pour les concessionnaires.

De plus en plus de dossiers de certificat d'immatriculation sont en retard
De plus en plus de dossiers de certificat d'immatriculation sont en retard © AFP / Gerard Bottino / CrowdSpark

Un mois après le lancement, en novembre dernier, d'une plateforme numérique de demande de carte grise, plus de 180 000 dossiers de demandes de carte grise étaient en souffrance. Selon des chiffres donnés ce mardi par le Conseil national des professionnels de l'automobile, ce sont désormais 300 000 dossiers qui sont bloqués, soit l'équivalent de 14% de la totalité des voitures immatriculées l'an dernier.  

Selon Le Parisien ce mercredi, ce chiffre s'élèverait même à entre 400 000 et 450 000 dossiers en attente sur le site de l'Agence nationale des titres sécurisés, qui a pris la place en novembre dernier des guichets en préfecture. Ce sont des Centres d'expertise et de ressource des titres (CERT) qui gèrent ces demandes en se répartissant le territoire. Pour tenter de désengorger la file d'attente, le ministre de l'Intérieur assure que trois nouveaux CERT vont être mis en place, soit neuf au total.  

Les concessionnaires chargés de véhicules en stock 

Une situation difficile pour les automobilistes : certains, faute de voiture, sont contraints de renoncer à leurs vacances. Un autre s'est retrouvé en prison, pour avoir roulé sans ses papiers : "Il se fait arrêter par la police, confiscation du véhicule, mise en fourrière", raconte son avocat Jean-Marc Descoubresse. "Le système n'arrive pas à enregistrer les dossiers, j'ai essayé de le faire moi-même, c'est incompréhensible", poursuit l'avocat, qui défend des dizaines d'autres clients, particuliers comme concessionnaires.  

Car la situation devient même dangereuse pour les concessionnaires, obligés de garder en stock les voitures vendues tant qu'elles n'ont pas reçu leur certificat d'immatriculation. Elles ont donc un stock de voitures achetées aux fabricants qu'elle ne peuvent pas écouler : "Un de mes adhérents a plus de 100 véhicules bloqués, à 15 000 euros par véhicule, vous imaginez...", explique Pascal Brethomé, garagiste en Vendée et membre du Conseil National des professions de l'automobile. Il ajoute : "C'est la même chose pour les tout petits garages qui vendent très peu de voitures, deux ou trois voitures ça fait 30 000 ou 40 000 euros, on a eu des situations d'interdiction bancaire ou des garages qui ont failli fermer".

Trop de dossiers incomplets, selon le ministère 

De son côté, le ministère de l'Intérieur souligne que la plateforme a tout de même permis la délivrance de 2,7 millions de certificats d'immatriculation et d'un million de permis de conduire (ceux-ci étant aussi gérés par le même système). "Si certains problèmes techniques demeurent, il est à noter qu'une large majorité des dossiers non terminés sont des dossiers incomplets, en attente de justificatifs que les usagers doivent fournir", explique le ministère, qui redirige également vers l'assistance téléphonique de l'ANTS ou ses points numériques en préfectures et sous-préfectures.  

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