Ils ne sont plus que treize. Treize ouvrières et ouvriers surqualifiés, héritiers d'un savoir-faire rare, d'une culture singulière. Depuis 1971, ils se sont succédés à Pau, chez Courrèges. Depuis la fermeture de l'atelier, en 2017, ils cherchent un repreneur. Seuls, mais motivés.

Ils s'appellent Danielle, Mélanie, Catherine ou Stéphane, et ils continuent à se battre. Ce sont les derniers ouvriers de Courrèges à Pau.
Ils s'appellent Danielle, Mélanie, Catherine ou Stéphane, et ils continuent à se battre. Ce sont les derniers ouvriers de Courrèges à Pau. © Mode in France

Nous sommes en 1971. Au faîte de sa notoriété, André Courrèges atterrit à Pau. C'est en effet dans sa ville natale qu'il installe son atelier de production. Un bâtiment futuriste, comme ses créations, qu'il dessine lui-même (André Courrèges est ingénieur des Ponts et Chaussées, accessoirement).

Jusqu'à 250 petites mains y fabriqueront les pièces de haute couture de celui qui a contribué à l'émancipation de la femme et popularisé, notamment, la minijupe ou le pantalon au féminin.

L'atelier Courrèges de Pau, dessiné par le futuriste André Courrèges lui-même, a ouvert en 1971. Il est aujourd'hui menacé, et avec lui ses 13 dernières occupantes.
L'atelier Courrèges de Pau, dessiné par le futuriste André Courrèges lui-même, a ouvert en 1971. Il est aujourd'hui menacé, et avec lui ses 13 dernières occupantes. / Didier Sorbé

Mais en 2011, après le rachat de la maison créée en 1961 par André Courrèges, la cadence baisse, les missions se resserrent : l'atelier se transforme en bureau d'étude, travaille sur des prototypes ou des petites séries. Trois ans plus tard, il compte encore 25 ouvrières et ouvriers, bien décidés à relancer un outil auquel ils sont viscéralement attachés.

Jusqu'à ce jour de 2017 où la maison Courrèges – son fondateur est mort l'année précédente – en difficultés, décide de se séparer de son site historique. Et de laisser sur le carreau les occupants des lieux, ceux qui, après plus d'un demi-siècle, sont les dépositaires d'un savoir-faire unique.

Notre métier nous tient à cœur, on s’est tous dit qu’il était dommage de le perdre. C’est notre savoir-faire ! On a une chance de le sauvegarder et de le transmettre aux prochaines générations.

Ils s'appellent Danielle, Mélanie, Catherine ou Stéphane, et ils continuent à se battre. Certaines sont d'ailleurs venues à Paris pour vendre leur expertise, leur engagement et le pan d'histoire de la mode dont elles ont hérité.

Avec nous, on a des plaquettes, dedans on explique l’historique de la maison, de l’atelier où on a travaillé (...) et cette envie qui nous rassemble : le travail et la couture.

Adrien Toffolet, pour France Inter, les a rencontrées : 

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