Vous avez peut-être déjà sorti votre calculatrice pour remplir votre déclaration de revenus. Et vous avez d'autant plus raison, que cette année, avec le télétravail massif, il y a quelques nouveautés.

Certains frais inédits, induits par le télétravail, peuvent désormais être déduits des impôts
Certains frais inédits, induits par le télétravail, peuvent désormais être déduits des impôts © AFP / Romain Longieras / Hans Lucas

La pandémie a bousculé nos vies, y compris dans l'exercice de notre activité professionnelle, avec le recours massif au télétravail. L'administration fiscale en tient compte dans la campagne de déclarations de revenus qui s'est ouverte le 8 avril dernier. Plusieurs cas de figure.

Votre employeur vous a versé une allocation forfaitaire, censée couvrir les frais de télétravail   

Pour les employeurs qui le font, cette allocation tourne autour de deux euros par jour. Bercy a prévu une exonération jusqu'à 2,5 euros par jour de télétravail effectué. Cela revient à dire que la somme que vous avez perçue n'est pas imposable, dans la limite de de 550 euros sur l'année. "L'enjeu était là, confirme Gaëlle Menu-Lejeune, avocate associée au cabinet Fidal. Il fallait rassurer les salariés et leur garantir que ce que l'employeur leur a versé pour travailler chez eux ne serait pas imposé. " 

"Il appartient à l'employeur d'identifier ces allocations dans les informations qu'ils transmettent à l'administration fiscale. Le montant du revenu imposable prérempli sur la déclaration de revenus ne devrait pas, en principe, inclure de telles allocations", précise le site service-public.fr 

Est-il plus intéressant de déclarer aux frais réels ? 

Par défaut, l'administration fiscale applique une déduction forfaitaire de 10% pour tous les salariés. Mais cette année, il peut être intéressant de faire le point sur ses factures et de regarder s'il est plus avantageux de déclarer ses frais réels. 

Pour l'achat d'un ordinateur par exemple, ou d'une chaise de bureau, vous pouvez déduire 50% du prix - considérant que l'usage est mixte ; moitié privé, moitié professionnel -  l'année de l'achat seulement. L'Urssaf propose une liste des frais potentiellement engagés par le salarié en télétravail et son évaluation ici.

Et pour l'électricité, la connexion internet, le chauffage ?  

C'est un peu plus compliqué pour ces frais, qui peuvent être soumis à appréciations diverses. "Si vous avez dédié une pièce de votre habitation au télétravail, comme une chambre d'ami, vous pouvez déduire un certain nombre de choses, assure tout de même François-Xavier Combe, dirigeant de la société EasyBlue, qui conseille les petites entreprises. 

Le site de l'Urssaf donne d'ailleurs cet exemple :  pour un appartement de 70 m² dont 10 m² sont utilisés pour le télétravail ; avec un loyer qui s’élève à 370 €/mois, la taxe d’habitation à 35 €/mois et la prime d’assurance à 15 €/mois. Le montant des frais déductibles s’élève, écrit l'Urssaf à 420 x 10 / 70 = 60 €. Le même calcul devrait pouvoir s'appliquer pour l'électricité, internet, le chauffage.  

Mais ce ne sera sûrement pas aussi simple. "Il faut être en mesure de tout justifier, relativise Gaëlle Menu-Lejeune. Et donc être le plus pertinent possible." Ce n'est pas forcément intéressant pour tout le monde, notamment pour ceux qui déclarent d'habitude de gros frais kilométriques, frais qui ont drastiquement diminué. S'il n'est pas garanti, au bout du compte, que la déclaration aux frais réels soit plus avantageuse, c'est l'année ou jamais de tenter le calcul.   

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