INFO FRANCE INTER - Selon le bilan social du constructeur automobile, la somme des dix plus hauts salaires de Renault (hors dirigeants) a augmenté de 15 % l'an dernier. Une "injustice" dénoncée par les syndicats alors que l'entreprise explique rémunérer des "forces vives" qui ont été "arrachées" à la concurrence.

Logo Renault au siège de Boulogne Billancourt
Logo Renault au siège de Boulogne Billancourt © Radio France / Christophe Petit Tesson

Renault paie plutôt bien ses meilleurs cadres : c'est ce que confirme le bilan social de l'entreprise, document qui doit être présenté mercredi par la direction de la marque au losange aux syndicats, et dont France Inter vous révèle une partie de son contenu. 

L'an dernier, la somme des dix plus hauts salaires de chez Renault (hors comité exécutif) a ainsi progressé de 15,6 %. Une "injustice" pour la CGT, d'autant que dans le même temps, le salaire moyen au sein du constructeur automobile, toutes catégories confondues, est lui plutôt à la stagnation. L'an dernier, la dizaine de cadres les mieux rémunérés a cumulé 14,7 millions d'euros brut sur l'année

"Jusqu'à preuve du contraire, avec ou sans Ghosn, rien n'a changé"

Pour Fabien Gache, qui représente le syndicat, ça suffit : 

"Qui décide de ces augmentations ? Le chiffre progresse tous les ans. Il est temps que ça cesse" 

À la direction qui pourrait rétorquer que tout ça appartient au passé, qu'en 2018 Carlos Ghosn était encore aux manettes, la CGT réplique : "Jusqu'à preuve du contraire, avec ou sans Ghosn, rien n'a changé". Aucune disposition particulière n'a été communiquée jusqu'ici quant à une modification des méthodes de rémunération, précisent et déplorent les syndicats toujours dans l'attente de rencontrer Jean-Dominique Senard, leur nouveau président, deux mois après son arrivée.

Mauvaise lecture des chiffres

Renault de son côté se défend évoquant une mauvaise lecture des chiffres. "Ces dix plus hauts salaires, pour la plupart, correspondent à des talents que l'on est allés chercher à l'extérieur. Des ingénieurs, des designers, dont on a besoin pour rester compétitifs" assure un porte-parole de la marque. Pour moitié d'entre eux d'ailleurs, ils n'étaient pas, semble-t-il, dans l'entreprise l'an dernier. "Ce ne sont pas des personnes qu'on a augmenté mais des forces vives qu'on est allé arracher à nos concurrents".

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