La compagnie à bas prix Ryanair affiche un bilan très satisfaisant, mais derrière les bons chiffres, des voix s’élèvent au sein des équipes pour dénoncer une politique sociale qui jugée pénalisante par et pour les pilotes.

Un avion de la compagnie Ryanair sur le tarmac de l'aéroport de Luxembourg
Un avion de la compagnie Ryanair sur le tarmac de l'aéroport de Luxembourg © AFP / ANTHONY DEHEZ / BELGA MAG / BELGA

Financièrement, Ryanair va bien. En dépit de vols supprimés, qui ont provoqué une belle pagaille pour ses clients il y a quelques semaines, la compagnie lowcost a dévoilé des chiffres à faire pâlir ses concurrents : +11 % de bénéfice net après impôts sur le semestre écoulé. 

Selon la direction de la compagnie, l’explication de cette tendance à la hausse s’explique par la forte demande des clients et le cours du pétrole favorable. Mais en interne, coté salariés, un autre de son de cloche se fait entendre.

Les "Uber du ciel"

Stanislas (son nom a été changé) est pilote chez Ryanair depuis 2 ans. 

Son contrat lui interdit de parler aux médias. Mais aujourd'hui, ces bons chiffres mis en avant par la compagnie, l'incitent, dit-il, à  "briser l'omerta" : "Ils se vantent en permanence d’avoir le PIB du Luxembourg (…) en sachant très bien que leur politique sociale est exécrable".

Ce que le pilote dénonce, c'est "l’hypocrisie" des dirigeants de Ryanair , qui doivent aussi, selon lui, ces bons chiffres à leur politique sociale.

Un recours trop fréquent aux contactors

Stanislas est en effet ce qu'on appelle un "contactor", c'est à dire que ce n'est pas Ryanair qui l'emploie, mais une agence à part. Selon lui, 7 pilotes sur 10 seraient dans cas chez Ryanair, avec à l'arrivée des économies substantielles pour la compagnie. 

Nous on est payé en brut 65 euros par heure de vol, mais là-dessus, il faut payer les taxes, les hôtels, les uniformes, la visite médicale, le nombre incalculable de frais qui sont à notre charge, et pour laquelle la compagnie ne paye pas. Nous sommes les 'Uber' du ciel !

Ce modèle a aujourd'hui ses limites :  lassés de Ryanair, de plus en plus de pilotes n'hésitent plus à claquer la porte. Du côté des mécontents, on parle de 7 à 800 pilotes auraient quitté la compagnie depuis le mois de janvier pour d'autres plus généreuses. 

Pour stopper l'hémorragie, le personnel exige de nouvelles mesures : pas forcément des augmentations mais surtout de vrais statuts. 

"Salaires plus élevés et promotions plus rapides que pour la concurrence"

Du côté de Ryanair, on réfute ces accusations. Tableaux comparatifs à l'appui, Ryanair affirme ne pas "pénaliser" ses pilotes : "Les pilotes de Ryanair bénéficient de meilleures conditions, dont des rémunérations plus élevées (22% de plus) que les salaires des pilotes B737 employés par la concurrence" insiste Yann Delomez, directeur commercial et marketing pour la France, le Bénélux et le Maroc.

Ce cadre de l'entreprise rappelle également que les pilotes de Ryanair bénéficient de "promotions rapides et une sécurité d'emploi inégalée, à un moment où d’autres compagnies aériennes telles que Monarch, Air Berlin ou Alitalia sont en faillite". 

Ryanair qui dénombre pour 2017 une majorité de commandants et de bords et de co-pilotes "directement employés" et affirme que tous les pilotes bénéficient, à l'année, d'une allocation de frais de 6000 euros pour couvrir les badges d'identification aéroport, leurs uniformes, leurs visites médicales de routine et leurs collations. 

Cela représente plus de 120 euros par semaine et dépasse les coûts de leurs uniformes et autres articles.

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